03/11/2009

Un peuple sur qui est invoqué le nom divin

Dieu, le Personnage le plus important de tout l’univers, a un nom. Quel est-il? Ce nom célèbre apparaît environ 7 000 fois dans la Bible. Par exemple, Psaume 83:18 le mentionne ainsi: “Toi, dont le nom est Jéhovah, tu es, toi seul, le Très-Haut sur toute la terre. En Israël, l’ancien peuple de Dieu, le nom divin occupait une place très honorée. Ils étaient connus partout comme étant le peuple qui adorait YHVH et sur qui son nom était invoqué.

(2 Chroniques 7:14) et si mon peuple sur qui a été invoqué mon nom s’humilie, s’il prie, cherche ma face et revient de ses voies mauvaises, alors moi, j’entendrai depuis les cieux, je pardonnerai leur péché et je guérirai leur pays.

En parlant de cette nation, on ne disait pas qu’elle adorait ‘le Seigneur’ ou ‘Dieu’, mais on lui associait toujours le nom de YHVH. En fait, les Écritures font ressortir le contraste qui existait entre Israël et “les royaumes qui n’invoquent pas ton nom”. — Ps. 79:6 ; Jér. 10:25.

Les archéologues ont découvert des documents qui confirment la Bible en attestant des peuples tels que les Egyptiens et les Moabites, identifiaient l’ancien peuple de Dieu, les Israélites, comme étant le « peuple de Jéhovah ».

Les Egyptiens

Quand Dieu se servit de Moïse pour délivrer Israël des mains du cruel pharaon d’Égypte, il fit connaître son nom d’une façon spectaculaire. Pharaon, en effet, s’exclama d’un ton provocant: “Qui est Jéhovah pour que j’obéisse à sa voix en renvoyant Israël?” (Exode 5:2). YHVH lui montra alors qui il était. Après avoir affligé l’Égypte de dix plaies dévastatrices, YHVH le vrai Dieu fit sortir son peuple de ce pays et partagea miraculeusement les eaux de la mer Rouge pour lui livrer passage. Mais l’élite de l’armée du pharaon périt dans ces mêmes eaux, lorsqu’elles se refermèrent sur les Égyptiens, les engloutissant tous.

YHVH démontra ainsi que son nom illustre est lié à son dessein de sauver ceux qui l’aiment et qui lui obéissent. Dieu le déclare lui-même plus de soixante fois par l’intermédiaire de son prophète Ézéchiel, ‘assurément ils sauront que je suis Jéhovah. — Ézéchiel 38:23.

La colonne de Soleb

En 1963, l’égyptologue et archéologue italienne Michela Giorgini, fait la découverte du temple d’Amun à Soleb (Soudan) datant de l’époque d’Amenophis III (1391-1353 avant notre ère). Ce temple qui est situé sur la rive gauche du Nil, à environ cinq cents kilomètres d'Assouan, Nubie,  attire notre attention sur ses colonnes massives dépeignant des captifs aux multiples origines les mains liées derrière leur dos. Sur le pourtour circulaire de chacune de ces colonnes figure aussi une inscription en hiéroglyphes indiquant  le dieu de chacun de ces prisonniers. Parmi ces nombreuses colonnes, il y en a une qui attire particulièrement notre attention car elle représente un esclave (prisonnier) israélite avec les mains attachées derrière le dos et la mention du “tétragramme” du Dieu de la Bible «YHWH» en caractères hiéroglyphes.

  

Détails du nom sur l’écusson :

 

Dans l’ordre correct :
t3 s3 sw w / y h w3 (w)

Certains spécialistes soulignent à juste titre que les voyelles égyptiennes ne sont pas très bien connues. Cependant, ce n’est pas le cas pour les mots d’origine étrangère car les Égyptiens utilisaient pour les mots d’origine étrangère une sorte d’alphabet standard avec des “matres lectionis” semi-consonnes utilisées comme voyelles. Dans ce système on prononce : “3” = “a”; w = u en ÿ = i.


En utilisant ce système, le hiéroglyphe ci-dessus se lit ainsi :
ta sasûw yehûa(w)


Ce qui se traduit en français par : “
le pays des nomades, ceux de Yehua(w). ”

L’expression “Shasus”, utilisée par les Égyptiens, se rapporte aux nomades vivant sous leur tente dans la région nord du Sinaï. À partir du 15ème siècle avant notre ère jusqu’au 12ème siècle avant notre ère les colons hébreux conquérant la Palestine étaient appelés “Hapirus”. Le mot “Apiru” ou “‘Habiru” signifie “nomades” dans les langues sémitiques.

 Yehua(w)”  ne peut pas s’identifier à un toponyme inconnu car les noms de lieux étaient souvent dérivés de noms. La preuve ce sont les endroits avec des noms tels que : pays de Juda (Deutéronome 34:2) et pays de Ramsès (Genèse 47:11). Ou si l’on fait référence aux toponymes du Moyen-Orient de cette époque : pays de Jakob-El, pays de Josep-El, pays de Lewi-El, etc.

Jean Leclant, orientaliste, égyptologue français et spécialiste de l'histoire et la civilisation pharaonique, écrit ceci : “ Il est évident que le nom sur l’écusson de Soleb dont nous discutons correspond au tétragramme du Dieu de la Bible « YHWH ». ” Il ajoute : “ Le nom de Dieu apparaît ici pour la première fois comme nom d’un lieu. ” D’après Gérard Gertoux, hébraïsant tétragrammiste et Doctorant en Archéologie et histoire des mondes anciens “ le Nom de Dieu se prononce Y.eH.oW.aH.”

 

Les Moabites

Au Xe siècle avant notre ère, Mésa, roi de Moab, un ennemi d’Israël, fit inscrire le nom divin sur sa stèle, qui a été découverte en 1868 à l’Est du Jourdain, à Dhibân, au N. de la vallée d’Arnôn et qui est exposée au musée du Louvre, à Paris. Elle présente la version du roi moabite Mésa de sa révolte contre Israël (voir 2R 1:1 ; 3:4, 5).

 

 

En hébreu ancien les mots étaient constitués de consonnes et se lisait de droite à gauche. La stèle est écrite dans une langue proche de l’hébreu. C’est de toute logique puisque les Moabites étaient les descendants de Lot, neveu d’Abraham. Non seulement cette stèle mentionne Omri, roi d’Israël, mais à la 18e ligne elle porte également le nom de Dieu sous la forme du Tétragramme.

Nous pouvons lire:

« C’est moi, Mesha, fils de Kamosh(gad), roi de Moab, le Dibonite. Mon père a régné trente ans sur Moab et moi, j’ai régné après mon père. J’ai construit ce sanctuaire pour Kamosh de Qerihoh, (sanctuaire) de salut car il m’a sauvé de tous les agresseurs et il m’a fait me réjouir de tous mes ennemis. Omri fut roi d’Israël et opprima Moab pendant de longs jours, car Kamosh était irrité contre son pays. Son fils lui succéda et lui aussi il dit : “J’opprimerai Moab”. De mes jours, il a parlé (ainsi), mais je me suis réjoui contre lui et contre sa maison. Israël a été ruiné à jamais. Omri s’était emparé du pays de Madaba et (Israël) y demeura pendant son règne et une partie du règne de son fils, à savoir quarante ans : mais de mon temps Kamosh l’a habité. J’ai bâti Ba’al-Me’on et j’y fis le réservoir, et j’ai construit Qiryatan. L’homme de Gad demeurait dans le pays de ’Atarot depuis longtemps, et le roi d’Israël avait construit ’Atarot pour lui-même. J’attaquai la ville et je la pris. Je tuai tout le peuple de la ville pour réjouir Kamosh et Moab. J’emportai de là l’autel de Dodoh et je le traînai devant la face de Kamosh à Qeriyot où je fis demeurer l’homme de Saron et celui de Maharot. Et Kamosh me dit : “Va, prends Neboh à Israël”. J’allai de nuit et je l’attaquai depuis le lever du jour jusqu’à midi. Je la pris et je tuai tout, à savoir sept mille hommes et garçons, femmes, filles et concubines parce que je les avais voués à ’Ashtar-Kamosh. J’emportai de là les vases de YHVH et je les traînai devant la face de Kamosh. Le roi d’Israël avait bâti Yahas et il y demeura lors de sa campagne contre moi. Kamosh le chassa de devant moi. Je pris deux cents hommes de Moab, tous ses chefs, et j’attaquai Yahas et je la pris pour l’annexer à Dibon. J’ai construit Qerihoh, le mur du parc et celui de l’acropole, j’ai construit ses portes et ses tours. J’ai bâti le palais royal et j’ai fait les murs de revêtement du réservoir pour les eaux, au milieu de la ville. Or, il n’y avait pas de citerne à l’intérieur de la ville, à Qerihoh, et je le dis à tout le peuple : “Faites- vous chacun une citerne dans votre maison”. J’ai fait creuser les fossés (autour) de Qerihoh par les prisonniers d’Israël. J’ai construit Aro’er et j’ai fait la route de l’Arnon. J’ai construit Bet-Bamot, car elle était détruite. J’ai construit Bosor, car elle était en ruine, avec cinquante hommes de Dibon, car tout Dibon m’était soumis. J’ai régné ... cent avec les villes que j’ai ajoutées au pays. J’ai construit ... Madaba, Bet-Diblatan et Bet-Ba’al-Me’on. J’ai élevé là ....troupeaux du pays. Et Horonan où demeurait ... Et Kamosh me dit : “Descends et combats contre Horonan”. J’allai (et je combattis contre la ville et je la pris ; et) Kamosh y (demeura) sous mon règne .... de là ... C’est moi qui ... » (Textes du Proche-Orient ancien et histoire d’Israël, par J. Briend et M.-J. Seux, Paris, 1977, p. 90, 91).

La Stèle de Mésha énumère aussi de nombreux lieux mentionnés dans la Bible : Ataroth et Nebo (Nb 32:34, 38) ; l’Arnôn, Aroër, Médeba et Dibôn (Jos 13:9) ; Bamoth-Baal, Beth-Baal-Méôn, Yahats et Qiriathaïm (Jos 13:17-19) ; Bétser (Jos 20:8) ; Horonaïm (Is 15:5) ; Beth-Diblathaïm et Qeriyoth (Jr 48:22, 24). Elle confirme donc l’historicité de tous ces lieux.

 

Jésus et ses disciples l’utilisaient.

Ainsi, à l’époque de Jésus et de ses disciples, le nom divin figurait bel et bien dans les copies des Écritures, tant dans les manuscrits hébreux que dans les manuscrits grecs. Jésus et ses disciples employaient-ils le nom divin à l’oral et à l’écrit ? Puisque Jésus condamna les traditions pharisaïques (Mt 15:1-9), il ne serait pas du tout logique de penser que Jésus et ses disciples se soient en l’affaire laissé guider par les conceptions des Pharisiens (comme celles rapportées par la Mishna). Le nom même de Jésus signifie “ YHVH est salut ”. Il déclara : “ Je suis venu au nom de mon Père ” (Jn 5:43) ; il apprit à ses disciples à prier : “ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié ” (Mt 6:9) ; ses œuvres, il les faisait, selon ses propres termes, ‘ au nom de son Père ’ (Jn 10:25) ; et la nuit qui précéda sa mort, il dit dans une prière qu’il avait manifesté le nom de son Père à ses disciples et demanda : “ Père saint, veille sur eux à cause de ton nom. ” (Jn 17:6, 11, 12, 26). Compte tenu de tout cela, lorsque Jésus citait les Écritures hébraïques ou en donnait lecture, il utilisait à coup sûr le nom divin, YHVH (comparer Mt 4:4, 7, 10 avec Dt 8:3 ; 6:16 ; 6:13 ; également Mt 22:37 avec Dt 6:5 ; Mt 22:44 avec Ps 110:1 ; et Lc 4:16-21 avec Isaïe 61:1, 2). Logiquement, les disciples de Jésus, parmi lesquels les rédacteurs inspirés des Écritures grecques chrétiennes, suivaient son exemple dans ce domaine.

 

Qu’en est-il de nos jours ?

De nos jours, à l’exemple des anciens serviteurs fidèles de Dieu, les vrais chrétiens utilisent le nom de Dieu. La religion que vous pratiquez le fait-elle ? Si elle s’en abstient, il se pourrait fort bien qu’elle ne soit pas la vraie religion, car Dieu dit : “Mon peuple connaîtra mon nom.”(És. 52:6) Non seulement ses serviteurs connaîtraient ce nom, mais ils le connaîtraient en tant que nom glorifié grâce aux hauts faits accomplis par Dieu lui-même. La Bible dit encore qu’avant la venue du grand et redoutable jour de Jéhovah : “Quiconque invoquera le nom de Jéhovah sera sauvé.” (Rom. 10:13; Joël 2:31-32). Ce commandement s’applique donc particulièrement aux vrais serviteurs de Dieu qui, de nos jours, vivent avant la venue du grand et redoutable jour de YHVH ce qui signifie au “temps de la fin”. Il importe donc que vous fréquentiez ceux qui exaltent le nom de Dieu et le traitent avec respect !

01/11/2009

Le nom personnel de Dieu, un nom pour des temps indéfinis

Le nom de Dieu en lettres hébraïques figure plus de 7 000 fois dans les Saintes Écritures.

 

Le nom personnel de Dieu ?

(Exode 3:15) Puis Dieu dit encore à Moïse : “ Voici ce que tu diras aux fils d’Israël : ‘ YHWH le Dieu de vos ancêtres, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. ’ C’est là mon nom pour des temps indéfinis et c’est là mon mémorial de génération en génération.

(Isaïe 42:8) “ Je suis YHWH. C’est là mon nom ; et je ne donnerai ma gloire à aucun autre ni ma louange aux images taillées.

(Isaïe 54:5) “ Car ton Grand Auteur est ton propriétaire-époux, YHWH des armées est son nom ; et le Saint d’Israël est ton Racheteur. Il sera appelé le Dieu de toute la terre.

(Psaume 83:18) pour qu’on sache que toi, dont le nom est YHWH, tu es, toi seul, le Très-Haut sur toute la terre !

Remarque : YHWH (héb. : יהוה) est le nom personnel de Dieu (Is 42:8; 54:5; Ps 83:18), et est présenté sous la forme de quatre consonnes yōḏ (י), (ה), wāw (ו) (ה), communément appelées le Tétragramme (du grec tétra- = “ quatre ”, et gramma =“ lettre ”).  YHWH signifie littéralement "JE SERAIS CE QUE JE SERAIS" (’Èhyèh ’Ashèr ’Èhyèh) du verbe héb. hawah ["être" ou "devenir"] à l’imparfait de la forme causative.  On pourrait comprendre la signification de son nom personnel par : "Quel que soient la situation ou le besoin, Dieu "deviendra" la solution qui s'impose c’est-à-dire que par une action en cours, YHWH "se ferait devenir" tout ce que la réalisation de ses promesses nécessiterait qu'il soit." 

Seul le vrai Dieu “YHWH” peut à juste titre et indiscutablement porter un tel nom

(Deutéronome 6:4) “ Écoute, ô Israël ! YHWH notre Dieu est un seul YHWH.

(Psaume 83:18) pour qu’on sache que toi, dont le nom est YHWH, tu es, toi seul, le Très-Haut sur toute la terre !

(Isaïe 45:18) Car voici ce qu’a dit YHWH, le Créateur des cieux, Lui, le [vrai] Dieu, Celui qui a formé la terre et qui l’a faite, Lui, Celui qui l’a solidement établie, qui ne l’a pas créée tout simplement pour rien, qui l’a formée pour être habitée : “ Je suis YHWH, et il n’y en a pas d’autre.

Remarque : Tout ce qui est adoré peut être appelé dieu, étant donné que l’adorateur lui attribue une puissance supérieure à la sienne et le vénère. On peut même faire de son ventre un dieu (Rm 16:18 ; Ph 3:18, 19). La Bible dit qu’il y a beaucoup de dieux (Ps 86:8 ; 1Co 8:5, 6), mais elle montre que les dieux des nations sont des dieux sans valeur (Ps 96:5). Dans les Écritures hébraïques, le même mot (’Èlohim) est appliqué à Jéhovah, le vrai Dieu, mais aussi à de faux dieux, tels le dieu philistin Dagôn (Jg 16:23, 24 ; 1S 5:7) et le dieu assyrien Nisrok (2R 19:37). Un Hébreu ne pouvait manifestement se contenter de dire à un Philistin ou à un Assyrien qu’il adorait “ Dieu [Èlohim] ” pour identifier le Personnage à qui allait son culte car chacun considérait aussi son dieu comme étant “ Èlohim”. Ce qui différenciait donc véritablement le vrai Dieu des faux dieux, c’était son nom personnel, יהוה   Ps. 83:18. Voilà pourquoi il apparaît si souvent dans la Bible (bien que de nombreuses traductions omettent le nom divin).

Le nom personnel de Dieu subsistera pour toujours

(Exode 3:15) Puis Dieu dit encore à Moïse : “ Voici ce que tu diras aux fils d’Israël : ‘ YHWH le Dieu de vos ancêtres, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. ’ C’est là mon nom pour des temps indéfinis et c’est là mon mémorial de génération en génération.

(Psaume 72:17) Que son nom soit pour des temps indéfinis ; que devant le soleil son nom s’accroisse, et que par son moyen ils se bénissent ; que toutes les nations le déclarent heureux.

(Psaume 135:13) Ô YHWH, ton nom est pour des temps indéfinis. Ô YHWH, ton mémorial est de génération en génération.

(Isaïe 63:12) Celui qui fit aller à la droite de Moïse Son bras magnifique ; Celui qui fendit les eaux devant eux, pour se faire un nom de durée indéfinie ;

 

Les superstitions juives à l’égard du nom divin

DEPUIS des siècles, le judaïsme enseigne que le nom divin, YHWH, est trop saint pour être prononcé. De nombreux théologiens ont estimé qu’il était irrespectueux de s’adresser au glorieux Créateur de façon aussi familière, affirmant même que cela constituait une violation du troisième des Dix Commandements, qui interdit de ‘ prendre le nom de l’Éternel en vain ’. (Bible à la Colombe) La Mishna (IIIe siècle de notre ère) affirme que “ celui qui prononce le nom divin selon les lettres qui le composent ” n’aura “ pas part au monde futur ”. — Sanhédrin X, 1.

Il est aussi relaté qu’on aurait voulu empêcher les peuples non juifs d’avoir connaissance du nom, de peur qu’ils ne l’emploient à tort. Toutefois, Jéhovah lui-même déclara que ‘ son nom serait proclamé dans toute la terre ’ (Ex 9:16 ; voir aussi 1Ch 16:23, 24 ; Ps 113:3 ; Ml 1:11, 14), afin que même ses adversaires le connaissent (Is 64:2). Le décret de Dieu contre l’utilisation abusive de son nom a donc été tourné en superstition. Si le nom divin est si peu utilisé, c’est uniquement à cause des traditions humaines, non des enseignements bibliques.

Il est intéressant de noter qu’au sein de la chrétienté, de nombreux traducteurs de la Bible ont respecté l’esprit de cette tradition juive. Par exemple, on peut lire dans la préface d’une Bible anglaise (The New Oxford Annotated Bible) : “ L’emploi d’un nom propre pour désigner le seul vrai Dieu, comme s’il existait d’autres dieux dont il faudrait le distinguer, a commencé à être abandonné dans le judaïsme avant l’ère chrétienne et n’est pas approprié pour la foi universelle de l’Église chrétienne. ” Dans cette traduction, le mot “ LORD ” (“ SEIGNEUR ”) est par conséquent substitué au nom divin.

Mais que penser de l’interdiction formulée dans le troisième des Dix Commandements ? Exode 20:7 stipule avec force : “ Tu ne dois pas prendre le nom de YHWH ton Dieu de manière indigne, car Jéhovah ne laissera pas impuni celui qui prendra son nom de manière indigne. ”

Que signifie exactement prendre le nom de Dieu “ de manière indigne ” ? Un commentaire biblique (The JPS Torah Commentary, publié par la Jewish Publication Society), explique que le terme hébreu rendu ci-dessus par “ de manière indigne ” (la-shaw’) peut signifier “ faussement ” ou “ pour rien, en vain ”. Le même ouvrage de référence poursuit : “ L’ambiguïté [de ce terme hébreu] laisse place à deux interprétations : l’interdiction du parjure par les parties lors d’un procès (le faux serment) ou celle de l’emploi inutile ou frivole du Nom divin. ”

Ce commentaire juif souligne très justement que ‘ prendre le nom de Dieu de manière indigne ’ signifie utiliser ce nom d’une manière inconvenante. Mais peut-on considérer comme “ inutile ou frivole ” le fait de prononcer le nom de Dieu lorsqu’on aide quelqu’un à le connaître ou lorsqu’on s’adresse à son Père céleste dans la prière ? Le point de vue de YHWH est exprimé en Psaume 91:14 : “ Parce qu’il a mis son affection sur moi, je vais aussi le faire échapper. Je vais le protéger parce qu’il a appris à connaître mon nom. ”

La Bible ne recommande pas seulement l’emploi respectueux du nom divin ; elle en fait une obligation ! En Isaïe 12:4a, le peuple de Dieu lance cet appel sans équivoque : “ Rendez grâces à Jéhovah. Invoquez son nom. ” Parlant de ceux qui encourent le jugement de Dieu, le psalmiste écrit : “ Déverse ta fureur sur les nations qui ne t’ont pas connu, et sur les royaumes qui n’ont pas invoqué ton nom. ” — Psaume 79:6 ; voir aussi Proverbes 18:10 ; Tsephania 3:9.

Ainsi, bien que certains refusent de prononcer le nom glorieux d’YHWH à cause d’une mauvaise interprétation du troisième commandement, ceux qui aiment vraiment Dieu désirent invoquer son nom. En toute occasion opportune, ils ‘ font connaître parmi les peuples ses manières d’agir, mentionnant que son nom est élevé ’. — Isaïe 12:4b.

DEPUIS des siècles, le judaïsme traditionnel interdit strictement à ses fidèles de prononcer le nom divin, or si Jéhovah n’avait pas voulu que l’homme prononce son nom, il aurait pu le lui interdire expressément. Pourtant, la Bible n’interdit nulle part d’employer le nom divin de façon digne ou de le prononcer. D’ailleurs, il n’était pas rare dans les temps bibliques, que le nom soit couramment employé par les israélites des temps bibliques dans la vie quotidienne, dans les salutations d’usage et dans les bénédictions. Par exemple on peut lire dans un passage biblique :  Et, voyez, Boaz arriva de Bethléhem et se mit à dire aux moissonneurs : “ Jéhovah soit avec vous. ” Et ils lui disaient : “ Jéhovah te bénisse. ” Ruth 2:4 (Genèse 12:8; Ruth 2:4; 4:11, 14).

Les découvertes de Tel Arad, une cité perdue aux inscriptions anciennes,  recoupent une longue période de l’histoire biblique, qui court de l’époque des juges d’Israël à l’invasion de Juda par les Babyloniens, en 607 avant notre ère (ce qui confirme l’exactitude de la Bible). Elles apportent également un témoignage puissant sur la façon dont on considérait le nom personnel de Dieu dans l’Israël antique. Sur ce site, les archéologues ont découvert une collection de fragments de poteries qui avaient servi de supports d’écriture. Sur certains figurent des noms que l’on trouve également dans la Bible ; on y rencontre même le nom personnel de Dieu qui était couramment employé. Par exemple, une inscription se lit ainsi : “ À mon maître Élyashib. Que YHWH [Jéhovah] veille sur ta prospérité. [...] le temple de YHWH, lui, il habite. ”

 

En réalité, Dieu a souvent condamné ceux qui faisaient oublier son saint nom à son peuple. — Jérémie 23:26, 27; Psaume 44:21, 22 

Les superstitions juives à l’égard du nom divin démythifiées par les ‘lettres de Lakish’.

La célèbre ville fortifiée de Lakish est citée plus de 20 fois dans la Bible. Elle était située à 45 kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Jérusalem. Les ruines de cette ville ont été en grande partie mises au jour. En 1935, dans la salle de garde d’une double loge, on a trouvé 18 ostraca ou tessons de poteries couverts d’écriture (on en a découvert encore 3 autres en 1938). Il s’agit de lettres écrites en caractères hébreux archaïques. Cette collection de 21 ostraca est connue sous le nom de Lettres de Lakish. Lakish fut l’une des dernières forteresses de Juda à résister à Neboukadnetsar, mais elle fut réduite en un monceau de ruines entre 609 et 607 av. n. è. Les lettres révèlent le caractère alarmant de la situation. Elles semblent avoir été écrites depuis un poste avancé des troupes de Judée à l’adresse de Yaosh, commandant militaire de Lakish. Voici un extrait de l’une de ces lettres (numéro IV) : “ Que Yahvé [YHWH, Jéhovah] fasse entendre à mon seigneur aujourd’hui même des nouvelles de bonheur ! [...] nous observons le feu-signal de Lakish selon tous les signes qu’a donnés mon seigneur, mais nous ne voyons pas Azéqah. ” C’est là une étonnante confirmation de Jérémie 34:7, où il est question de Lakish et d’Azéqa comme des deux dernières villes fortifiées. Selon cette lettre, Azéqa était déjà tombée. Le nom divin, sous la forme du Tétragramme, apparaît fréquemment dans les Lettres de Lakish, ce qui prouve que le nom de Jéhovah était quotidiennement employé par les Juifs de l’époque.

 

 

Une autre lettre (numéro III) débute ainsi : “ Que Yahvé [YHWH] fasse entendre à mon seigneur des nouvelles de paix [...]. Et à ton serviteur on a transmis ceci : ‘ Le chef d’armée, Konyahu [Konia], fils d’Elnatan, est descendu pour aller en Égypte ’ et Hodawyahu [Hodavia], fils d’Ahiyahu [Ahiya], et ses hommes il (les) a envoyés prendre [des vivres] d’ici. ” Cette lettre semble confirmer que Juda est allé demander du secours en Égypte, en violation du commandement de Jéhovah et pour sa propre destruction (Is. 31:1 ; Jér. 46:25, 26). Les noms Elnatan [Elnathân] et Hoshiyahu [Hoshaïa], qui apparaissent dans le texte intégral de cette lettre, figurent aussi en Jérémie 36:12 et 42:1. Trois autres noms mentionnés dans les Lettres de Lakish se trouvent également dans le livre biblique de Jérémie ; ce sont Guemaria, Néria et Yaazania. — Jér. 32:12 ; 35:3 ; 36:10. On remarquera particulièrement que le Tétragramme est souvent utilisé dans ces ostraca, preuve qu’à l’époque les Juifs ne répugnaient pas à employer le nom divin.

YHWH lui-même souhaite depuis les temps anciens que son nom soit proclamé dans toute la terre et que même ses adversaires le connaissent pour que les nations s’agitent à cause de lui.

(Exode 9:16) Mais, en fait, c’est pour cela que je t’ai laissé exister : c’est pour te faire voir ma force et afin qu’on proclame mon nom dans toute la terre. (Repris en Romains 9:17)

(1 Rois 8:43) toi, puisses-tu écouter depuis les cieux, le lieu fixe où tu habites, et tu devras agir selon tout ce pour quoi l’étranger t’appellera ; afin que tous les peuples de la terre apprennent à connaître ton nom, pour te craindre, comme fait ton peuple Israël, et pour savoir que ton nom a été invoqué sur cette maison que j’ai bâtie.

(2 Chroniques 6:33) alors toi, puisses-tu écouter depuis les cieux, du lieu fixe où tu habites, et tu devras agir selon tout ce pour quoi l’étranger t’appellera ; afin que tous les peuples de la terre connaissent ton nom et qu’ils te craignent, comme fait ton peuple Israël, et qu’ils sachent que ton nom a été invoqué sur cette maison que j’ai bâtie.

(Isaïe 12:4) Oui, vous direz en ce jour-là : “ Rendez grâces à YHWH. Invoquez son nom. Faites connaître parmi les peuples ses manières d’agir. Mentionnez que son nom est élevé.

(Isaïe 64:2) comme lorsque le feu allume les broussailles, [et] que le feu fait bouillir l’eau, afin de faire connaître ton nom à tes adversaires, pour que les nations s’agitent à cause de toi !

(Tsephania 3:9) Car alors je changerai la [langue] des peuples en une langue pure, pour qu’ils invoquent tous le nom de YHWH, pour qu’ils le servent épaule contre épaule. ’

Le contraste qui existe entre :

- les véritables adorateurs de « YHWH »

(Daniel 9:19) Ô YHWH, entends. Ô YHWH, pardonne. Ô YHWH, prête attention et agis. Ne tarde pas, à cause de toi, ô mon Dieu, car ton nom a été invoqué sur ta ville et sur ton peuple. ”

(Isaïe 43:6-7) Je dirai au nord : ‘ Rends ! ’ et au sud : ‘ Ne retiens pas. Fais venir mes fils de loin et mes filles de l’extrémité de la terre,  tous ceux qui sont appelés de mon nom et que j’ai créés pour ma gloire, que j’ai formés, oui que j’ai faits. ’

Remarque : En Israël, l’ancien peuple de Dieu, le nom divin occupait une place très honorée Cela était agréable au vrai Dieu. Pour exprimer son approbation, il appelait les Israélites “mon peuple sur qui est invoqué mon nom”. (II Chron. 7:14). Les Israélites le prononçaient dans la pratique de leur culte et quand ils lisaient les Écritures, dans les conversations quotidiennes ainsi que dans leurs rapports avec les autres nations. Aussi étaient-ils connus partout comme étant le peuple qui adorait YHWH.

- ceux qui n’invoquent pas son nom car ils ne tiennent aucun compte du véritable Dieu « YHWH »

(Psaume 79:6) Déverse ta fureur sur les nations qui ne t’ont pas connu, et sur les royaumes qui n’ont pas invoqué ton nom.

(Jérémie 10:25) Déverse ta fureur sur les nations qui n’ont tenu aucun compte de toi, et sur les familles qui n’ont pas invoqué ton nom. Car elles ont dévoré Jacob. Oui, elles l’ont dévoré, et elles continuent à l’exterminer ; et elles ont désolé sa demeure.

Jésus et les disciples l’utilisaient également

(Matthieu 6:9) “ Vous devez donc prier ainsi : “ ‘ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié.

(Jean 12:28) Père, glorifie ton nom. ” Une voix vint donc du ciel : “ Et je [l’]ai glorifié, et je [le] glorifierai de nouveau. ”

(Jean 17:6) “ J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés, et ils ont observé ta parole.

(Jean 17:12) Quand j’étais avec eux, je veillais sur eux à cause de ton nom que tu m’as donné ; et je les ai gardés, et aucun d’eux n’est détruit, excepté le fils de destruction, afin que [la parole de] l’Écriture s’accomplisse.

(Jean 17:26) Et je leur ai fait connaître ton nom et je le ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en union avec eux. ”

Remarque : 

 

Le nom de Jésus signifie “ YHVH est salut ”.

Lorsque Jésus citait les Écritures hébraïques ou en donnait lecture, il utilisait à coup sûr le nom divin : « Yehowah ».

Matthieu 4:4, 7, 10

Deutéronome 8:3 ; 6:16 ; 6:13 

Matthieu 22:37

Deutéronome 6:5 

Matthieu 22:44

Psaumes 110:11

Luc 4:16-21  

Isaïe 61:1, 2

Le nom divin dans votre prénom ?

Parmi les noms de personnages bibliques bien connus qui, dans leur forme hébraïque, sont construits à l’aide du nom « YHWH » ou de sa forme poétique “Jah”, citons Ésaïe, Ézéchias, Joab, Josias, Jokébed (mère de Moïse), Néhémie, Obadiah, Sophonie et Zacharie, etc. De nombreux prénoms bibliques sont encore à la mode aujourd’hui. Parfois, leur étymologie hébraïque comprend le nom personnel de Dieu. Voici quelques exemples de prénoms et leur signification. Le vôtre y figure peut-être.


Jeanne — “ YHWH a été compatissant ”

Joël — “ YHWH est Dieu ”

Jean — “ YHWH a témoigné de la faveur ”

Jérémie — “ YHWH élève ”

Joachim — “ YHWH a établi ”

Jonathan — “ YHWH a donné ”

Joseph — “ Que Yah ajoute# ”

Josias — “ YHWH a guéri ”

Josué  — “ YHWH est salut ”

Zacharie — “ YHWH s’est souvenu ”


# “ Yah ” est une forme abrégée de “ YHWH ”. Yah apparaît 50 fois dans les Écritures hébraïques, 26 fois seul et 24 fois dans l’expression “ Alleluia ”, qui est, littéralement, l’injonction à un nombre conséquent de personnes de ‘ louer Yah ’. Dans les Écritures grecques chrétiennes, “ Yah ” apparaît quatre fois, dans l’expression “ Alleluia ”. (Ré 19:1, 3, 4, 6.) Le monosyllabe Yah est habituellement lié aux sentiments les plus profonds exprimés dans la louange et le chant, la prière et la supplication, et se rencontre généralement dans les textes qui évoquent l’allégresse après une victoire ou une délivrance, ou qui reconnaissent la main puissante et la force de Dieu. Dans le livre de la Révélation, des créatures célestes ponctuent à plusieurs reprises leurs louanges à Jéhovah par cette expression où il est question de la joie que soulèvent la destruction de Babylone la Grande et le début du règne de YHWH sur la Terre. — Ré 19:1-6. 

Les adorateurs du vrai Dieu sont déterminés à marcher au nom de YHWH leur Dieu pour toujours 

(Mika 4:5) Car tous les peuples, eux, marcheront chacun au nom de son dieu, mais nous, nous marcherons au nom de YHWH notre Dieu pour des temps indéfinis, oui pour toujours.

Remarque : Toute individu conscient ou pas sert un dieu. Si tous n’adorent pas aujourd’hui un dieu proprement dit, certains idolâtrent de l’argent, des acteurs, des hommes politiques, des sportifs, voire eux-mêmes. Oui, leur ventre peut être leur dieu (Phil. 3:18, 19). Il en est qui adorent directement Satan le Diable, alors que d’autres le servent sans le savoir (I Jean 5:19.) De même, les membres de la Chrétienté basés sur la fausse croyance de la Trinité croyant que Jésus est le vrai Dieu disent marcher au nom de Jésus, mais s’ils marchaient réellement au nom de Jésus ne devraient-ils pas adorer seulement le vrai Dieu YHWH comme Jésus lui-même le faisait et exhortait à le faire ? (Mt 4:10, Dt 5:9) YHWH cherche de vrais adorateurs qui l’adorent avec esprit et vérité et non dans le mensonge (Jean 4:23). Prenons aussi exemple des musulmans à l’exemple de Mohammed déclarent marcher au nom d’Allah qui pour eux est le véritable nom de Dieu. "Allah" est-il le nom propre de Dieu? Non, car tout bon dictionnaire vous apprendra qu’Allah est la forme abrégée d’un terme arabe qui signifie “le dieu”. De toute évidence, ce n’est donc pas un nom propre. Il est également important  de signaler qu’en Arabie et dans le reste du Moyen Orient "ce mot d'origine sémitique"  était déjà employé pour désigner une ou plusieurs divinités païennes, tel que le culte à "Baal" ou encore au "Dieu Lune", la preuve c'est qu’avant l'avènement de l'Islam, le père de Mohammed s'appelait Abd'Allah (le serviteur de Dieu), or le dieu que les arabes adoraient à l'époque était le "Dieu Lune" [Hubal]. Bien que le nom de "YHWH" revienne plus de 7000 fois dans les Saintes Écritures, on ne le trouve nulle part dans le Coran. Tous les prophètes de la Bible parlent en son nom. Pourtant ce nom n’apparaît jamais dans le Coran et n’a aucun équivalent en arabe. Si Mohamed et les musulmans étaient de vrais adorateurs de Dieu ne seraient-ils pas déterminés à marcher au nom deYHWHle vrai Dieu (Mika 4:5).

(Jérémie 23:26-27) Jusqu’à quand cela existera-t-il dans le cœur des prophètes qui prophétisent le mensonge et qui sont des prophètes de la ruse de leur cœur ? Ils pensent faire oublier mon nom à mon peuple au moyen de leurs rêves qu’ils ne cessent de se raconter l’un à l’autre, comme leurs pères ont oublié mon nom par le moyen de Baal.

(2 Rois 17:29) Mais chaque nation en particulier fit son propre dieu, qu’elles déposèrent alors dans la maison des hauts lieux qu’avaient faite les Samaritains, chaque nation en particulier, dans leurs villes, là où elles habitaient.

(à méditer : Vatican, La Mecque, Médine, Nadjaf (pour les chiites), …)

Combien sont donc vraies les paroles que le prophète hébreu Michée consigna sous inspiration divine au huitième siècle avant notre ère !

Marcher au nom de YHWH ne signifie pas simplement dire qu’il est notre Dieu. Le facteur déterminant n’est pas simplement ce que nous disons ou prétendons être, mais ce à quoi nous mettons tout notre cœur, tout notre esprit, toute notre âme et toute notre force (Luc 10:27; Jacq. 1:22-27). Comme Paul l’a rappelé aux chrétiens de Rome, si notre vie n’est pas en harmonie avec la bonne nouvelle que nous prêchons, le nom de Dieu est “ blasphémé ”, traité sans respect. — Rom. 2:21-24.

Les bienfaits pour le juste qui invoque et qui place confiance en YHWH

Le nom de YHWH, une « forteresse au temps de détresse »

(Proverbes 18:10) Le nom de YHWH est une tour forte. Le juste y court et se trouve protégé.

(Psaume 9:10) Ceux qui connaissent ton nom mettront leur confiance en toi, car tu ne quitteras nullement ceux qui te cherchent, ô YHWH !

Remarque : Ce verset révèle une vérité fondamentale sur la tendresse que YHWH éprouve envers ses fils et sur l’intérêt qu’il leur porte. Dieu protège particulièrement les justes qui le recherchent activement, comme s’ils couraient s’abriter dans une tour forte. Mika n’avait aucun mal à faire confiance à YHWH, ce qui devrait être aussi votre cas. Il a déclaré : “ Pour moi, c’est YHWH que je guetterai. ” (Mika 7:5, 7). Contrairement aux humains, qui sont imprévisibles, YHWH a le désir et le pouvoir de réaliser son dessein, afin de justifier sa souveraineté et d’assurer le bonheur durable des hommes de foi.

De nos jours (avant la venue du grand et redoutable jour de YHWH) qui s’en tirera ‘sain et sauf ’ ?

(Yoël 2:31-32) Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant la venue du grand et redoutable jour de YHWH. Oui, il arrivera que tout homme qui invoquera le nom de YHWH s’en tirera sain et sauf ; car au mont Sion et à Jérusalem il y aura les rescapés, comme l’a dit YHWH, et parmi les survivants, que YHWH appelle. ”

(Actes 2:21) Et tout homme qui invoquera le nom de YHWH sera sauvé. ’

(Romains 10:13) Car “ tout homme qui invoquera le nom de YHWH sera sauvé ”.

Remarque : Pour invoquer le nom de YHWH, il ne suffit pas de le connaître et de le prononcer (Isaïe 1:15). Le contexte de Yoël 2:32 met en avant la repentance sincère et la confiance dans le pardon de YHWH (Yoël 2:12, 13). Invoquer le nom de Dieu signifie apprendre vraiment à le connaître, mettre sa confiance en lui, lui obéir et lui accorder la première place dans sa vie. Le service de YHWH devient la priorité des priorités. Cela contribue dans une large mesure à rendre une vie heureuse et longue, ce qui est une bénédiction venant de Dieu. — Matthieu 6:33.

Car “ tout homme qui invoquera le nom de YHWH sera sauvé ”. Cependant, comment invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas foi ? Et comment auront-ils foi en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment entendront-ils sans quelqu’un qui prêche ? (Romains 10:13-14)

La sanctification du nom de Dieu

Sanctifier signifie “ rendre saint, mettre à part ou tenir pour sacré ”, donc ne pas l’employer de manière indigne, comme si c’était quelque chose de commun ou d’ordinaire, car Jéhovah ne laissera pas impuni celui qui prendra son nom de manière indigne (Ex 20:7; Is 6:1-3; Lc 1:49; Ré 4:8). Le nom de Jéhovah est “ grand et redoutable ” (Ps 99:3, 5), “ majestueux ” et “ à une hauteur inaccessible ” (Ps 8:1 ; 148:13), méritant d’être redouté. — Is 29:23.

JÉSUS CHRIST a enseigné à ses disciples : “ Vous devez donc prier ainsi : ‘ Notre Père dans les cieux, que ton nom soit sanctifié. Que ton royaume vienne. Que ta volonté se fasse, comme dans le ciel, aussi sur la terre. ’ ” (Matthieu 6:9, 10). Cette prière, que beaucoup connaissent comme le Notre Père, ou la prière du Seigneur, dévoile le dessein du Royaume de Dieu.

Tout d’abord, par l’intermédiaire du Royaume, le nom de Dieu sera sanctifié. Il sera purifié de tout le déshonneur dont il a été couvert à la suite de la rébellion de Satan et de l’homme. C’est indispensable. Pour connaître le bonheur, toutes les créatures intelligentes doivent tenir pour sacré le nom de Dieu et accepter de tout cœur son droit de régner. — Révélation 4:11.

De plus, le Royaume a été institué pour que ‘ la volonté de Dieu se fasse, comme dans le ciel, aussi sur la terre ’. Quelle est cette volonté ? Celle de rétablir les relations, perdues par Adam, entre Dieu et les humains. Le Royaume servira aussi le dessein du Souverain de l’univers, YHWH, celui d’établir sur la terre un paradis où les justes vivront pour toujours. Oui, le Royaume réparera tous les torts causés par le péché originel et fera du dessein de Dieu pour la terre une réalité (1 Jean 3:8). Du reste, c’est à ce Royaume et à ce qu’il accomplira que se rapporte le principal message de la Bible.

11/10/2009

Doit-on croire à la TRINITÉ ? Quelle est son origine ?

Trinité

Définition: Doctrine fondamentale des religions de la chrétienté. D’après le symbole d’Athanase, il y aurait trois personnes divines (le Père, le Fils et le Saint-Esprit); chacune d’elles serait éternelle, toute-puissante, aucune ne serait supérieure ni inférieure aux autres, chacune serait Dieu, mais elles ne formeraient toutes ensemble qu’un seul et même Dieu. D’autres parties du dogme soulignent que ces trois “personnes” ne sont pas des individualités distinctes, mais trois modes d’existence de l’essence divine. Voilà pourquoi certains tenants de la Trinité prétendent que Jésus Christ est Dieu, ou que Jésus et le Saint-Esprit sont le Dieu. Cette doctrine n’est pas biblique.

 

D’où vient-elle?

Il y a longtemps que les religions catholiques et protestantes considèrent la doctrine de la trinité comme le dogme central de la chrétienté.

Provient-elle de la Bible? L’“Encyclopédie britannique” explique que “ni le mot ‘Trinité’ ni la doctrine explicite n’apparaissent dans la Bible”. (Éd. de 1971, tome XXII, p. 241.) En ce qui concerne le dogme d’un Dieu en trois Personnes, l’“Encyclopédie catholique” (angl.) fait cet aveu: “Ce n’est pas (...) directement et immédiatement la parole de Dieu.” (Éd. de 1976, tome XIV, p. 304).

Où pareil concept a-t-il pris naissance? Les triades de Dieu étaient courantes dans la mythologie de l’Égypte et de la Babylone antiques ainsi que dans l’hindouisme et le bouddhisme, comme le montre l’antique triade égyptienne présentée ci-contre et composée d’Isis, d’Osiris et de Horus.

À en croire “The New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge”, ce sont les philosophes païens grecs qui ont influencé l’enseignement de la chrétienté. “Les doctrines du Logos et de la Trinité, lit-on, ont reçu leur forme à partir des Pères grecs qui, s’ils n’avaient pas été formés dans les écoles de philosophie platoniciennes, en ont tout au moins subi fortement l’influence directe ou indirecte.” (Tome IX, p. 91).

L’empereur romain Constantin joua également un rôle éminent dans cette affaire. Comme il voyait dans les divisions religieuses une menace à l’unité de son empire, il convoqua un concile d’évêques à Nicée en 325. Après deux mois de débats, l’empereur non baptisé opta pour les partisans de la Trinité. Voici ce qu’on lit dans l’“Encyclopédie britannique” (tome VI, p. 386): “Intimidés par l’empereur, les évêques, à l’exception de deux, signèrent le credo [de Nicée], ce que beaucoup firent contre leur gré.” Les dissidents furent bannis.

Comment la chrétienté est devenue trinitaire

DEPUIS le concile œcuménique Vatican II, il devient de plus en plus évident que l’Église catholique se divise en deux camps. D’un côté, il y a ceux qui ne désirent aucun changement, et de l’autre, ceux qui en attendent davantage avec impatience. Une publication jésuite déclare : “Certains catholiques pensent que les changements sont trop rapides et vont trop loin, et qu’ils iront encore plus loin et se feront encore plus rapidement. Pour d’autres, les changements sont trop limités et trop tardifs, et il n’y a aucun espoir d’en accélérer le rythme.”

Le premier concile œcuménique de l’Église catholique eut lieu à Nicée, en 325 de notre ère ; lui aussi donna le départ à une grande controverse au sein de l’Église. Quel en était l’objet ? La doctrine de la trinité.

File:Palace of Diocletian in Nicomedia.jpg

Commentant la situation, un historien moderne écrivit : “Les deux groupes de théologiens avaient une telle influence qu’ils scindèrent pratiquement le christianisme en deux camps qui rivalisèrent dans les domaines théologique et politique pendant deux siècles [et même davantage]. Il y avait le groupe ‘orthodoxe’ conduit par Athanase, archidiacre de l’église d’Alexandrie, et les ariens, nom emprunté à Arius, diacre de la même église (...). Les disciples d’Athanase étaient partisans de la trinité ; les ariens, unitariens.” À l’ouest, dans la partie latine, avec Rome pour capitale, la plupart des gens étaient partisans d’Athanase, tandis que la partie orientale et grecque de l’Empire romain était en majorité favorable à Arius et eut finalement pour capitale Constantinople.

Que croyaient les ariens ? Ils étaient attachés à la “doctrine selon laquelle Christ le Fils est inférieur à Dieu le Père et de substance différente parce qu’il a été créé par Dieu et est venu à l’existence après Dieu”.

Que croyaient les partisans de la trinité ? Selon leur doctrine on définit aujourd’hui la trinité comme la “personnalité triple de l’unique Être divin” dans laquelle ‘Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit’ sont dits être de la même substance, coégaux et tous trois incréés et tout-puissants.

Cependant, on admet généralement que l’enseignement de la trinité s’est développé graduellement. Ainsi, le cardinal Newman écrivit que les credo antérieurs à Constantin ne faisaient pas mention d’une telle trinité. Il dit : “Ils parlent, il est vrai, d’une Trinité ; mais que les trois personnes soient une, coéternelles, égales, tout incréées, toutes puissantes, tout incompréhensibles, cela n’est pas établi, et ne pourrait jamais être conclu d’après ces premiers symboles.” — Développement de la doctrine chrétienne, traduction de L. Boyeldieu d’Auvigny, page 13.

Une autorité moderne et importante de l’Église catholique parle dans le même sens : “Il est difficile, dans cette deuxième moitié du vingtième siècle, de présenter un récit clair, objectif et franc de la révélation, de l’évolution doctrinale et de l’élaboration du mystère de la Trinité. (...) On ne devrait pas parler de l’enseignement de la Trinité dans le Nouveau Testament sans de sérieuses réserves. (...) Pour trouver une croyance sans réserve à la Trinité, il faut quitter la période du christianisme primitif et se placer dans le dernier quart du quatrième siècle.” — New Catholic Encyclopedia (1967), tome XIV, page 295.

Constantin et Nicée

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Constantin affirma s’être converti au prétendu christianisme, sans doute pour des raisons plus politiques que religieuses. La division doctrinale de l’Église l’inquiétait, car il voyait là une menace pour l’unité de son empire. C’est pourquoi, en sa qualité de pontifex maximus, c’est-à-dire chef principal de la religion, il réunit le premier concile œcuménique à Nicée, en l’an 325 de notre ère. Bien qu’il ne fût pas encore baptisé, il présida ce concile auquel assistèrent seulement 318 évêques ; avec leur suite, il dut y avoir entre 1 500 et 2 000 assistants.

Pendant environ deux mois, trinitaires et ariens se querellèrent, les premiers utilisant souvent une tactique extrêmement intolérante. Remarquant que les trinitaires étaient en majorité, Constantin décida en leur faveur. Il “fit cesser l’opposition parmi les évêques et exigea la signature de tous sous peine d’être exilés. Seuls deux évêques de Libye refusèrent ; avec Arius et les prêtres qui lui restèrent fidèles, ils furent exilés en Illyricum”, territoire correspondant à la Yougoslavie occidentale d’aujourd’hui. Les écrits d’Arius furent saisis et brûlés, et on interdit à chacun d’en posséder sous peine de mort.

Cependant, le triomphe d’Athanase et des trinitaires fut de courte durée. Ayant pris le parti des trinitaires pour des raisons certainement politiques, Constantin était tout aussi prêt à changer de camp lorsque la situation politique l’exigerait. C’est ce qui se produisit quelques années plus tard quand Constantin fit de Byzance sa capitale et construisit la ville portant son nom, Constantinople. Dans cette région, les ariens étaient puissants, et les évêques n’avaient signé la déclaration de Nicée que sous l’effet de la peur.

Eusèbe de Nicomédie, évêque de Constantinople, était partisan d’Arius ; il réussit à persuader Constantin de changer de camp. Ce fut au tour des trinitaires d’être bannis. En 335, Constantin exila Athanase à Trèves, en Gaule. Peu après, immédiatement avant sa mort, Constantin fut baptisé par l’évêque arien Eusèbe.

Constantin abandonna l’empire à ses héritiers, plusieurs neveux et ses trois fils, Constantin II, Constance et Constant. Ses fils se débarrassèrent d’abord des autres héritiers, puis se livrèrent bataille. Finalement, ce fut Constance, arien convaincu, qui l’emporta et s’appropria peu à peu la domination de tout l’empire, tant à l’est qu’à l’ouest, après la mort de ses frères partisans de la trinité. Pour favoriser l’arianisme, il ordonna que les évêques trinitaires fussent remplacés par des évêques ariens, ce qui amena un historien païen de l’époque à se moquer en disant que les “routes étaient couvertes d’évêques galopant”.

Les trinitaires l’emportent finalement

Cependant, la domination des ariens cessa avec la mort de Constance, car les partisans de la trinité étaient toujours en majorité. Cela ne doit pas paraître étonnant puisque, Satan étant le “dieu de ce système de choses”, l’erreur est généralement plus populaire que la vérité (II Cor. 4:4). L’échec des ariens était dû également au fait qu’ils étaient eux-mêmes divisés. Ils furent incapables de publier un credo commun pour exprimer leurs croyances et d’avoir un collège central à qui s’adresser. Ils étaient donc divisés ; or, comment ‘une maison divisée contre elle-même peut-elle tenir’ ? — Mat. 12:25.

Cependant, si les trinitaires l’ont emporté sur les ariens, ce fut plus encore parce que les premiers étaient prêts à avoir recours à la force et à la violence pour parvenir à leurs fins. Il a été rapporté que, lorsque Arius s’est levé pour prendre la parole au concile de Nicée, un certain Nicolas de Myra l’a frappé au visage et que, pendant qu’Arius parlait, de nombreux évêques trinitaires se bouchaient les oreilles et poussaient des cris comme s’ils étaient horrifiés par ses hérésies. Comme exemple typique de l’intolérance des trinitaires, on peut également citer l’occupation d’une église de Milan organisée par Ambrose, évêque de cette ville, afin qu’au moins une église de sa ville ne fût pas donnée aux ariens comme l’avait ordonné l’empereur Valentinien. Les ouailles d’Ambrose occupèrent l’église nuit et jour et chantèrent des cantiques pendant deux semaines jusqu’à ce que l’empereur accède à la demande de l’évêque.

Que l’intolérance violente des trinitaires fût une arme efficace contre les ariens, c’est ce que démontrent les déclarations tout à fait opposées faites par deux des chefs germains “barbares” les plus connus. Clovis, roi des Francs, qui devint catholique romain, donc trinitaire, s’attaqua aux Visigoths ariens se trouvant en Gaule, disant : “Il me déplaît que ces ariens occupent une partie de la Gaule. Marchons et, avec l’aide de Dieu, réduisons-les en esclavage.” Il en fut bien ainsi. À propos de la moisson qui résulta de ces graines d’intolérance, nous lisons que ce fut “une histoire pleine de cruauté, d’avarice et de tromperie, avec des rois débauchés et des reines vengeresses pour qui [le pape] Grégoire cherchait des excuses, car ils défendaient l’orthodoxie catholique”.

Théodoric, roi arien des Ostrogoths, était tout à fait différent de Clovis, catholique intolérant. Zénon, empereur romain d’Orient, le chargea de reconquérir l’Italie qui était aux mains d’un roi qui ne reconnaissait pas Zénon comme le maître de l’Empire romain occidental et oriental. Théodoric conquit l’Italie mais, concernant la religion, déclara : “La religion est une chose que le roi ne peut diriger, car on ne peut contraindre aucun homme à croire contre sa volonté.

La vie monastique, c’est-à-dire celle des hommes vivant en célibataires dans les monastères, fut un autre facteur qui favorisa les trinitaires. Athanase fut le premier théologien catholique romain important à encourager la vie monastique. Non seulement les moines constituaient une véritable forteresse en faveur du trinitarisme, mais ils étaient prêts à recourir à la violence dans leur zèle en faveur des croyances trinitaires.

Le fait que les guerriers germains qui envahirent l’Empire romain, que ce soit la partie orientale ou occidentale, étaient ariens joua également en faveur des trinitaires. Comment se fait-il que ces “barbares” étaient ariens ? Ils avaient été convertis par Ulfilas, évêque arien. Ainsi, quiconque adoptait l’arianisme était considéré comme un sympathisant de ces envahisseurs.

C’est certainement l’empereur Théodose qui porta le coup le plus dur aux ariens. Par des décrets officiels promulgués en 391-392, il imposa l’orthodoxie catholique romaine à tous les “chrétiens” et priva les ariens ainsi que tous les païens de leurs maisons de culte. Un historien déclare : “Le triomphe légal de l’Église sur l’hérésie [l’arianisme] et le paganisme, ainsi que sa transformation de secte persécutée en un État persécuteur étaient complets.

Les “barbares” ariens

À partir du cinquième siècle il n’y eut plus d’empereur romain arien. Cependant, cela ne signifiait pas la fin de l’arianisme en tant que religion nationale. Après la mort de Théodose, Rome devint de nouveau la proie des envahisseurs germains ariens qui déferlaient du nord. Une autorité catholique déclare : “Malgré la persécution, le christianisme sous cette forme [arienne] se répandit avec une vigueur remarquable à partir des Goths jusque dans les tribus voisines (...). Quand ils envahirent l’occident et instaurèrent divers royaumes germaniques, la plupart des tribus professaient [l’arianisme] comme religion et persécutaient parfois les Romains qui pratiquaient l’orthodoxie catholique (...). Mais peu à peu l’Église catholique [romaine] réussit à éliminer l’arianisme. Dans certains cas, elle y parvint par des actions militaires qui firent disparaître la population germanique.” Cela eut lieu durant le règne de l’empereur Justinien dont l’ambition était de rétablir l’Empire romain dans sa gloire passée. Il se rendit célèbre par ses persécutions non seulement des ariens, mais aussi des Juifs et des Samaritains. Il interdit même aux Juifs de lire leurs Écritures en hébreu.

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(Justinien représenté sur une mosaïque de l’église San-Vitale à Ravenne)

Mais Justinien ne fit pas disparaître l’arianisme. Rome eut encore affaire aux Germains barbares, car, quelques années après la mort de Justinien, les Lombards, que l’on dit avoir été la plus féroce des tribus germaniques, envahirent l’Italie. Ils ne mirent pas longtemps pour contrôler la plus grande partie de la péninsule italienne. Puis, au milieu du septième siècle, pour une raison inconnue, les Lombards devinrent peu à peu trinitaires, ou catholiques romains. Bien qu’ils aient continué à créer des ennuis à la papauté, ce n’était plus pour des raisons religieuses, mais politiques ou pour des questions de territoire.

À propos de cette période, nous lisons : “Dans la débâcle qui suivit, la fortune passa d’un camp à l’autre plus souvent en raison des changements politiques et du soutien civil que par des arguments théologiques.” Comme le déclare une autre autorité, l’arianisme “se maintint pendant deux siècles encore, plus par accident que par choix ou conviction”. Disons en passant que cette activité politique et militaire des ariens démontre l’erreur de ceux qui accusent les témoins chrétiens de YHVH pacifiques et apostoliques d’être des ariens.

En considérant ce que révèle l’Histoire quant aux activités politiques des trinitaires et des ariens, nous ne pouvons qu’être impressionnés par l’exactitude avec laquelle Jésus et ses apôtres ont annoncé ce qui allait arriver à la congrégation chrétienne. Dans une de ses images, Jésus déclara : “Pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sursema de la mauvaise herbe au milieu du blé.” Le champ qui était à l’origine un champ de blé devint un champ de mauvaises herbes (Mat. 13:25). En considérant la cupidité et la violence de ces hommes, on se rend également compte de la véracité des paroles de l’apôtre Paul qui, annonçant ces événements, déclara : “Je sais qu’après mon départ il entrera parmi vous des loups tyranniques et ils ne traiteront pas le troupeau avec tendresse.” Au nombre de ces loups, on peut ranger aussi bien les trinitaires que les ariens, les premiers étant les plus féroces. — Actes 20:29.

[Note]

Pour se rendre compte que les ariens avaient des arguments bibliques pour soutenir leur point de vue il suffit de lire Jean 14:28 ; Colossiens 1:15-17 ; I Timothée 1:17 ; Apocalypse 3:14.

Doit-on croire à la TRINITÉ ? Est-ce conforme à la Bible ?

Bien que, de l’aveu des tenants de la Trinité, la Bible ne contienne ni le mot Trinité ni la définition de ce dogme, énonce-t-elle au moins les concepts qui s’y rattachent?

(Versions bibliques dont est basé cet article : Jé, Os, TOB, Da, BFC, MN, Sg, Sy)

La Bible enseigne-t-elle que l’“Esprit Saint” est une personne?

Quelques textes où il est question de l’esprit saint (“Esprit Saint”, ) pourraient laisser croire qu’il s’agit d’une personne. Ainsi, l’esprit saint est décrit comme un assistant (grec paraklêtos;Paraclet”, Os, TOB;Consolateur”, Da) qui ‘enseigne’, ‘rend témoignage’, ‘parle’ et ‘entend’. (Jean 14:16, 17, 26; 15:26; 16:13.) Mais plusieurs autres versets rapportent que des gens ont été ‘remplis’, ‘baptisés’ ou ‘oints’ d’esprit saint (Luc 1:41; Mat. 3:11; Actes 10:38). Ces dernières expressions ne conviendraient manifestement pas s’il s’agissait d’une personne. Si nous voulons comprendre le sens de la Bible considérée dans son ensemble, nous devons tenir compte de tous les textes précités. Quelle conclusion raisonnable s’impose alors? Que les premiers versets cités personnifient l’esprit saint de Dieu, sa force agissante, grâce à des figures de rhétorique, tout comme la Bible personnifie aussi la sagesse, le péché, la mort, l’eau et le sang.

Les Saintes Écritures nous révèlent le nom personnel du Père: YHVH. Elles nous expliquent que Jésus Christ est son Fils. Mais nulle part elles n’attribuent un nom personnel à l’esprit saint.

Actes 7:55, 56 rapporte qu’Étienne a reçu une vision céleste dans laquelle il a contemplé “Jésus debout à la droite de Dieu”. Toutefois, il n’est pas dit qu’il a également contemplé l’esprit saint. (Voir aussi Révélation 7:10; 22:1, 3.)

Un ouvrage catholique admet: “La majeure partie des textes du N[ouveau] T[estament] décrivent l’esprit de Dieu comme une chose, et non comme une personne; cela est particulièrement évident dans le parallèle qui est établi entre l’esprit et la force de Dieu.” (New Catholic Encyclopedia, 1967, tome XIII, p. 575). Cette encyclopédie déclare également: “Les apologistes [les écrivains chrétiens grecs du IIe siècle] parlent d’une manière trop hésitante de l’Esprit; avec un tant soit peu d’intuition nous dirions qu’ils en parlent trop impersonnellement.” — Tome XIV, p. 296.

La Bible confirme-t-elle le point de vue selon lequel le Père et le Fils ne sont pas deux personnes distinctes?

Mat. 26:39, :Étant allé un peu plus loin, il [Jésus Christ] tomba face contre terre en faisant cette prière: ‘Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux.’” (Si le Père et le Fils n’étaient pas deux personnes distinctes, cette prière n’aurait pas de sens. Jésus se la serait adressée à lui-même, et sa volonté aurait nécessairement été celle de son Père.)

Jean 8:17, 18, : [Jésus répondit aux Pharisiens:] il est écrit dans votre Loi que le témoignage de deux personnes est valable. Je suis à moi-même mon propre témoin, et pour moi témoigne le Père qui m’a envoyé.” (Jésus établit donc une nette distinction entre lui et le Père.)

D’après la Bible, les personnes qui formeraient la Trinité sont-elles éternelles, sans commencement?

Col. 1:15, 16, Os:Il [Jésus Christ] est l’image du Dieu invisible, Premier-né de toute la création, parce qu’en lui ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre.” En quel sens Jésus Christ est-il “Premier-né de toute la création”? 1) D’après les tenants de la Trinité, “Premier-né” signifierait ici le premier, le plus excellent, le plus éminent; il faudrait comprendre par là, non pas que Christ ferait partie de la création, mais qu’il aurait la prééminence sur toutes les créatures. Si tel était le cas et si la doctrine de la Trinité était exacte, pourquoi les Écritures ne disent-elles pas la même chose du Père et de l’esprit saint? En effet, elles n’appliquent cette expression qu’au Fils. À en juger d’après l’usage courant que l’on faisait de l’expression “Premier-né”, elle indique ici que Jésus est l’aîné de tous les fils de Jéhovah. 2) Avant d’être utilisée en Colossiens 1:15, l’expression ‘premier-né’ apparaît plus d’une trentaine de fois dans les Écritures, et chaque fois qu’elle s’applique à des créatures vivantes elle implique que le premier-né fait partie du groupe. “Le premier-né d’Israël” se révèle être un des fils d’Israël; “le premier-né de Pharaon” est un membre de sa famille; “le premier-né de la bête” est lui-même un animal. Alors pourquoi certains attribuent-ils un sens différent à cette expression en Colossiens 1:15? Est-ce en raison de l’usage biblique ou bien d’une croyance à laquelle ils adhèrent déjà et qu’ils veulent défendre à tout prix? 3) Le texte de Colossiens 1:16, 17 (Os) met-il Jésus à part des créatures lorsqu’il rapporte qu’“en lui ont été créées toutes choses” et que “toutes choses ont été créées par lui et pour lui”? C’est le terme grec panta, une forme du mot pas, qui est rendu ici par “toutes choses”. En Luc 13:2, Jé, Os, Sg et Sy traduisent ce mot par “tous les autres”. (Voir également Luc 21:29 dans Ku et Philippiens 2:21 dans BFC.) En harmonie avec ce que le reste des Écritures enseignent au sujet du Fils, MN donne un sens identique à panta en Colossiens 1:16, 17, qui, de ce fait, se lit ainsi: “Par son entremise toutes les autres choses ont été créées (...). Toutes les autres choses ont été créées par son intermédiaire et pour lui.” Jésus est donc considéré comme une créature, comme faisant partie de la création produite par Dieu.

Rév. 1:1; 3:14, Da:Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée (...). Et à l’ange de l’assemblée qui est à Laodicée, écris: Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement [grec arkhê] de la création de Dieu.” (Fi, TOL et MN rendent ce texte d’une manière similaire.) Cette leçon est-elle correcte? D’après certains traducteurs, ce texte signifierait que le Fils était ‘l’auteur de la création de Dieu’, qu’il en était ‘la source suprême’, ‘la cause première’. Mais le Dictionnaire grec-français de Bailly donne “commencement” comme sens premier de arkhê (Paris, 1950, p. 281). On en conclut fort logiquement que celui dont il est question en Révélation 3:14 est une créature, la première des créatures de Dieu, et qu’il a eu un commencement. Comparez ce texte avec Proverbes 8:22 où, comme l’admettent de nombreux commentateurs, le Fils est représenté par la sagesse personnifiée. (Selon Jé, BFC, Os, et Md, celui qui parle ici a été ‘créé’.)

Au sujet du Messie, Michée 5:1 (Sy) disait en termes prophétiques que son “origine remonte aux temps anciens, aux jours éternels”. Da (Michée 5:2) déclare que ses “origines ont été d’ancienneté, dès les jours d’éternité”. Cela identifie-t-il Jésus à Dieu? Il est intéressant de noter qu’à la place de “jours éternels”, met “jours antiques”; BFC, “temps les plus anciens”; MN, “jours des temps indéfinis”. À la lumière du texte de Révélation 3:14, dont il a été discuté plus haut, Michée 5:2 ne prouve pas que Jésus est sans commencement.

Lit-on dans la Bible qu’aucun des membres de la Trinité ne serait supérieur ou inférieur à un autre, qu’ils seraient tous égaux et tout-puissants?

Marc 13:32, :Quant à la date de ce jour, ou à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, personne que le Père.” (Il va de soi que ce ne serait pas le cas si le Père, le Fils et l’Esprit Saint étaient tous égaux et constituaient la Divinité. Et si, comme le prétendent certains, c’est sa nature humaine qui empêchait le Fils de connaître cette date, pourquoi l’Esprit Saint l’ignorait-il?)

Mat. 20:20-23, :La mère des fils de Zébédée (...) lui dit [à Jésus]: ‘Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume.’ Jésus répondit: ‘(...) vous boirez ma coupe; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m’appartient pas d’accorder cela, mais c’est pour ceux à qui mon Père l’a destiné.’” (Cette explication est pour le moins étrange si l’on prétend que Jésus est Dieu. N’a-t-il répondu qu’en fonction de sa “nature humaine”? Si Jésus était en fait un “homme-Dieu”— à la fois Dieu et homme, mais ni vraiment l’un ni vraiment l’autre — comme l’affirment les partisans de la Trinité, pourrait-il logiquement donner une telle explication? Matthieu 20:23 ne prouve-t-il pas plutôt que le Fils est inférieur au Père et que Celui-ci s’est réservé certaines prérogatives?)

Mat. 12:31, 32, :Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis; mais quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l’autre.” (Si l’Esprit Saint était une personne et qu’il était Dieu, ce texte opposerait un net démenti à la doctrine de la Trinité, parce qu’il signifierait que d’une certaine façon l’Esprit Saint serait supérieur au Fils. En fait, Jésus atteste ici que le Père, de qui émane cet “Esprit”, est plus grand que lui, le Fils de l’homme.)

Jean 14:28, :[Jésus dit:] Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi.”

I Cor. 11:3, :Je veux cependant que vous le sachiez: le chef de tout homme, c’est le Christ; le chef de la femme, c’est l’homme; et le chef du Christ, c’est Dieu.” (Il est donc clair que le Christ n’est pas Dieu et que Dieu occupe une position supérieure à la sienne. Il convient de noter que ces paroles ont été rédigées vers 55 de notre ère, quelque 22 ans après le retour de Jésus dans les cieux. Par conséquent, la vérité énoncée ici concerne les relations qui existent au ciel entre Dieu et Jésus.)

I Cor. 15:27, 28, :Il [Dieu] a tout mis sous ses pieds [ceux de Jésus]. Mais lorsqu’il dira: ‘Tout est soumis désormais’, c’est évidemment à l’exclusion de Celui qui lui a soumis toutes choses. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous.”

L’hébreu Shadday et le grec Pantokratôr sont tous les deux rendus par “Tout-Puissant”. Ces deux termes sont maintes et maintes fois appliqués à Jéhovah, le Père (Ex. 6:3; Rév. 19:6). Mais ils ne sont jamais utilisés pour désigner le Fils ou l’esprit saint.

La Bible dit-elle de chacun de ceux qui sont censés former la Trinité qu’il est Dieu?

Dans une prière, Jésus a dit: “Père, (...) la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.” (Jean 17:1-3, ; c’est nous qui soulignons). (La plupart des traductions appliquent l’expression “le seul véritable Dieu” au Père. Ce met: “le Dieu unique et véritable.” Pourrait-il être “le seul véritable Dieu”, “le Dieu unique et véritable”, si deux autres personnes étaient Dieu au même degré que lui? Tous ceux qui, en dehors de lui, sont appelés “dieux” doivent être soit de faux dieux soit simplement l’image du vrai Dieu.)

I Cor. 8:5, 6, :Bien qu’il y ait, soit au ciel, soit sur la terre, de prétendus dieux — et de fait il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs —, pour nous en tout cas, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes.” (Ce texte présente le Père comme le “seul Dieu” des chrétiens, comme un Être distinct de Jésus Christ.)

I Pierre 1:3, :Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.” (A plusieurs reprises, même après l’ascension de Jésus au ciel, les Écritures parlent du Père comme du “Dieu” de Jésus Christ. En Jean 20:17, alors qu’il vient d’être ressuscité, Jésus appelle son Père “mon Dieu”. Plus tard, lorsqu’il sera au ciel, il reprendra cette expression qui apparaît en Révélation 3:12. En revanche, la Bible n’indique nulle part que le Père aurait appelé son Fils “mon Dieu”; de plus, ni le Père ni le Fils n’utilisent cette expression à propos de l’esprit saint.)

Karl Rahner a écrit que “Θεός [Dieu] n’a encore jamais été appliqué à l’Esprit” et que “ὁ θεός [littéralement le Dieu] n’est jamais employé dans le Nouveau Testament pour parler du πνεῦμα ἅγιον [esprit saint]”. — Theological Investigations (Baltimore, 1961), traduit de l’allemand, tome I, pp. 138, 143.

“ L’Agneau ” peut-il être la même personne que “ son Père ” ? Certainement pas. Dans la Bible, les deux sont distincts. Ils portent même un nom différent.

L’apôtre Jean également a montré que Jésus était subordonné à Dieu. Il a expliqué qu’il avait écrit son Évangile afin que les lecteurs en viennent à croire que “ Jésus est le Christ le Fils de Dieu ”, et non qu’il est Dieu (Jean 20:31). Jean a aussi reçu une vision céleste dans laquelle il a vu “ l’Agneau ”, qu’il identifie dans son Évangile à Jésus (Jean 1:29). L’Agneau se tient debout avec 144 000 autres qui, selon les termes de Jean, ont été achetés de la terre ”. Jean explique que ces 144 000 ont le “ nom [de l’Agneau] et le nom de son Père écrits sur leurs fronts ”. — Révélation 14:1, 3.

Comme nous venons de le voir, le nom donné au Fils de Dieu, l’Agneau, est Jésus (Luc 1:30-32). Et le nom de son Père ? Il figure des milliers de fois dans la Bible. Par exemple, on lit en Psaume 83:18 : “ Toi, dont le nom est Jéhovah, tu es, toi seul, le Très-Haut sur toute la terre ! ” Malheureusement, le nom de Dieu, Jéhovah, a été remplacé dans de nombreuses traductions de la Bible par les termes “ Seigneur ”, “ Dieu ” ou “ Éternel ”. Ces termes sont parfois écrits en majuscules pour, dit-on, distinguer Jéhovah des autres personnages appelés ‘ dieux ’ ou ‘ seigneurs ’. Néanmoins, dans bien des traductions, le nom divin a été rétabli à sa place légitime.

George Howard, professeur de religion et d’hébreu à l’université de Géorgie, déclare: “Avec le temps, on associa de plus en plus ces deux personnages [Dieu et Christ], au point qu’il devint souvent impossible de les distinguer. Il se peut donc que la suppression du Tétragramme ait été pour une bonne part dans le déclenchement des débats christologiques et trinitaires postérieurs qui détchirèrent l’Église des premiers siècles. Quoi qu’il en soit, la suppression du Tétragramme créa probablement un climat théologique différent de celui qui régnait au premier siècle, durant la période du Nouveau Testament.” — Revue d’archéologie biblique (angl.), mars 1978.

Certains textes des Écritures utilisés par les tenants de la Trinité pour appuyer leur croyance étayent-ils solidement ce dogme?

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Doit-on croire à la TRINITÉ ? Y a-t-il des preuves de la Trinité dans la Bible ?

CERTAINS textes des Écritures sont présentés comme des preuves de la Trinité. Lorsque nous lisons ces textes, cependant, nous devons nous souvenir que ni la Bible ni l’Histoire ne témoignent en faveur de la Trinité.

Pour les premiers chrétiens, Dieu, le Christ et l’esprit saint ne formaient pas une trinité. On lit dans une encyclopédie (The Encyclopædia Britannica) : “ Le mot Trinité ne figure pas dans le Nouveau Testament. La doctrine qu’il désigne n’y est jamais énoncée explicitement. Jésus et ses disciples n’ont certainement pas voulu renier le Shema [une prière hébraïque] de l’Ancien Testament, savoir : ‘ Écoute, Israël : l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un ! ’ (Deut. 6:4). ” Leschrétiens n’adoraient ni la triade romaine ni d’autres dieux. Ils acceptaient la déclaration de Jésus selon laquelle seul Jéhovah doit être adoré (Matthieu 4:10). De plus, ils croyaient à ces paroles du Christ : “ Le Père est plus grand que moi. ” (Jean 14:28).

 

“Moi et le Père, nous sommes un”

BIEN qu’elles ne fassent pas mention d’une troisième personne, ces paroles, consignées en Jean 10:30, sont souvent citées à l’appui de la Trinité. Cependant, Jésus a montré ce qu’il entendait par être “un” avec le Père. En Jean 17:21, 22, il prie Dieu pour que ses disciples “soient un, comme toi, Père, dit-il, tu es en union avec moi et moi je suis en union avec toi, pour qu’eux aussi soient en union avec nous, (...) afin qu’ils soient un comme nous sommes un”. Jésus priait-il pour que tous ses disciples deviennent un seul et même être? Non. Il priait, à l’évidence, pour qu’ils soient unis — comme il l’est avec Dieu — dans la même pensée et dans le même dessein. — Voir 1 Corinthiens 1:10.

En 1 Corinthiens 3:6, 8, Paul déclare: “Moi j’ai planté, Apollos a arrosé, (...) celui qui plante et celui qui arrose sont un.” Paul ne voulait pas dire qu’Apollos et lui étaient deux personnes en une, mais qu’ils étaient unis dans le même dessein. Le terme grec traduit ici par “un” (hén) est au neutre; il signifie littéralement “un(e chose)” et indique l’unité dans la coopération. C’est le même terme que Jésus utilise en Jean 10:30 pour décrire les rapports qu’il entretient avec son Père. C’est également le même terme que Jésus emploie en Jean 17:21, 22. Par conséquent, lorsque dans ces divers cas il se sert du mot “un” (hén), c’est une unité de pensée et de dessein que Jésus a en vue.

À propos de Jean 10:30, Jean Calvin (qui était trinitaire) a dit dans son Commentaire sur le Nouveau Testament, T. II, Évangile selon Jean:Les docteurs anciens ont grandement abusé de ce passage pour prouver que Jésus Christ est d’une même essence que son Père. Car notre Seigneur Jésus ne dispute point ici de l’unité de la substance, mais de l’accord ou du consentement qu’il a avec son père.”

Tout de suite après le passage de Jean 10:30, Jésus démontre avec force qu’il n’a pas prétendu, par ces paroles, être Dieu. Aux Juifs qui ont tiré cette conclusion erronée et qui veulent le lapider, il réplique: “À celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous dites: ‘Tu blasphèmes’, parce que j’ai affirmé que je suis le Fils de Dieu.” (Jean 10:31-36, TOB). Non, Jésus n’a pas prétendu être Dieu le Fils, mais le Fils de Dieu.

 

S’est-il ‘fait égal à Dieu’?

UN AUTRE passage des Écritures est censé établir la Trinité; il s’agit de Jean 5:18. Comme en Jean 10:31-36, les Juifs veulent ici tuer Jésus parce qu’il appelle “Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu”.

Toutefois, qui dit que Jésus se fait égal à Dieu? Certainement pas lui, car il se défend contre cette fausse accusation dans le verset suivant: “Jésus reprit donc la parole et leur dit: (...) ‘le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu’il ne le voie faire au Père.’” — Jé.

Par ces paroles, Jésus montre aux Juifs qu’il n’est pas égal à Dieu et qu’il ne peut donc agir de sa propre initiative. Peut-on imaginer quelqu’un d’égal au Dieu Tout-Puissant disant qu’il “ne peut rien faire de lui-même”? (Voir Daniel 4:34, 35.) On constate d’après le contexte qu’aussi bien en Jean 5:18 qu’en Jean 10:30, Jésus se défend contre les fausses accusations des Juifs qui, comme les trinitaires, tirent des conclusions erronées.

 

Est-il “égal à Dieu”?

EN PHILIPPIENS 2:6, la Bible de Sacy (1846) dit de Jésus: “qui, ayant la forme et la nature de Dieu n’a point cru que ce fût pour lui une usurpation d’être égal à Dieu.” On lit à peu près la même chose dans La Sainte Bible, de David Martin (1879). Certains défenseurs de l’idée selon laquelle Jésus est égal à Dieu utilisent encore de nos jours des versions similaires. Toutefois, remarquez comment d’autres traductions rendent ce verset:

1908: quoiqu’il fût en forme de Dieu, loin de s’en prévaloir pour s’égaler à Dieu.” La Sainte Bible, de H. Oltramare.

1965: “Lui — véritablement de nature divine! n’a jamais eu la suffisance de se faire égal à Dieu.” Das Neue Testament, édition révisée, de Friedrich Pfäfflin.

1968: “qui, bien qu’étant en forme de Dieu, n’a pas considéré qu’être égal à Dieu était une chose qu’il devait cupidement faire sienne.” La Bibbia Concordata.

1984: “il possédait depuis toujours la condition divine, mais il n’a pas estimé qu’il devait chercher à se faire de force l’égal de Dieu.” La Bible en français courant.

1987: “lequel, bien qu’il existât dans la forme de Dieu, n’a pas songé à une usurpation, à savoir pour être égal à Dieu.Les Saintes Écritures Traduction du monde nouveau.

1988: “lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu.” TOB.

Cependant, certains prétendent que même ces traductions plus fidèles impliquent 1) que Jésus était déjà égal à Dieu, mais qu’il était disposé à renoncer à son rang, ou 2) qu’il n’avait pas besoin d’usurper une égalité qu’il détenait déjà.

Ralph Martin, dans L’épître de Paul aux Philippiens (angl.), fait sur le grec original le commentaire suivant: “On peut douter, toutefois, que le verbe puisse glisser de son sens réel de ‘ravir’, ‘s’emparer de’, vers celui de ‘retenir’.” Le Commentaire interprétatif du Testament grec (angl.) dit de son côté: “On ne trouve aucun passage où ἁρπάζω [harpazô] ou l’un quelconque de ses dérivés ait le sens de ‘garder’ ou de ‘retenir’. Il semble que ce verbe signifie invariablement ‘ravir, s’emparer de’. Il n’est donc pas permis de glisser du sens véritable, ‘saisir’, vers un autre sens totalement différent, celui de ‘retenir’.

Ce qui précède montre à l’évidence que les auteurs de certaines traductions, telles que la Bible de Sacy ou La Sainte Bible, de David Martin, tordent les règles de la langue grecque pour faire valoir leurs vues trinitaires. Loin de suggérer que Jésus jugeait convenable de se faire égal à Dieu, le texte grec de Philippiens 2:6, lorsqu’on le lit d’un œil objectif, affirme exactement le contraire: Jésus ne pensait pas que ce fût convenable.

Le contexte (versets 3-5, 7, 8, ) nous éclaire sur la façon dont on doit comprendre ce verset 6. Paul formule cette exhortation: “Que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi.” L’apôtre prend ensuite l’exemple par excellence, celui de Jésus: “Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus.” Quels “sentiments”? S’agit-il de ‘ne point croire que ce fût une usurpation d’être égal à Dieu’? Non, cela irait totalement à l’encontre de l’argument développé. Bien plutôt, Jésus, qui ‘estimait Dieu supérieur à soi’, n’a jamais ‘cherché à se faire de force l’égal de Dieu’; au contraire, “il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort”.

Assurément, ces paroles ne peuvent s’appliquer au Dieu Tout-Puissant. C’est de Jésus Christ qu’il est question ici, Jésus Christ qui illustre parfaitement l’argument de Paul relatif à l’importance de l’humilité et de l’obéissance vis-à-vis de quelqu’un de Supérieur, le Créateur, Jéhovah Dieu.

“Je Suis”

EN JEAN 8:58, un certain nombre de traductions, par exemple la Bible de Jérusalem, font dire à Jésus: “Avant qu’Abraham existât, Je Suis.” Jésus enseignait-il par là, comme l’affirment les trinitaires, qu’il portait le titre “Je Suis”? Cela signifie-t-il, comme ils le prétendent, qu’il était le Jéhovah des Écritures hébraïques? En Exode 3:14, on lit en effet dans la Bible Osty:Dieu dit à Moïse: ‘Je suis qui Je suis.’”

Exode 3:14 (Osty) applique l’expression “Je suis” à Dieu, comme un titre indiquant qu’il existe vraiment et qu’il accomplit ses promesses. Le Pentateuque et les prophètes, édité par J. Hertz, dit au sujet de cette expression: “Pour les Israélites en captivité, le sens allait en être, ‘Bien qu’Il n’ait pas encore manifesté Son pouvoir envers vous, Il va le faire; Il est éternel et vous rachètera assurément.’ Beaucoup suivent aujourd’hui Rashi [exégète biblique et talmudique français] en traduisant cette phrase [Exode 3:14] par: Je serai ce que je serai.’”

L’expression que l’on trouve en Jean 8:58 est totalement différente de celle qui figure en Exode 3:14. Jésus ne l’emploie pas comme un nom ou un titre, mais afin d’expliquer sa préexistence. Voyez du reste comment certaines versions de la Bible rendent Jean 8:58:

1898: “Avant qu’Abraham fût, j’étais.” La Sainte Bible, version d’Ostervald.

1935: “J’existais avant qu’Abraham fût né!” The BibleAn American Translation, de J. Smith et E. Goodspeed.

1981: “J’étais vivant avant qu’Abraham fût né!The Simple English Bible.

1987: “Avant qu’Abraham soit venu à l’existence, j’étais.Les Saintes Écritures Traduction du monde nouveau.

Par conséquent, le véritable sens du texte grec est que le fils “premier-né” de Dieu, Jésus, qui a été créé, existait bien avant la naissance d’Abraham. — Colossiens 1:15; Proverbes 8:22, 23, 30; Révélation 3:14.

Une fois encore, le contexte atteste que c’est ainsi qu’il faut comprendre ce passage. Les Juifs veulent lapider Jésus parce qu’il affirme avoir “vu Abraham” alors que, d’après eux, il n’a pas encore 50 ans (verset 57). Il est donc naturel que Jésus les renseigne sur son âge. Aussi leur dit-il: “Avant qu’Abraham soit venu à l’existence, j’étais.”

“Elohim     

Dans la Bible, le titre “Dieu” rend ´Èlohim, qui est un pluriel en hébreu. Certains tenants de la Trinité y voient une confirmation de leur croyance. Ils expliquent que Deutéronome 6:4 sous-entend l’unité des membres de la Trinité. Ce texte dit en effet: “Jéhovah, notre Dieu [´Èlohim], est un seul Jéhovah.— Da.

Selon les grammairiens spécialisés en hébreu, "Èlohim" est le nom couramment utilisé pour Dieu. C'est une forme pluriel, mais "son utilisation dans le langage ne soutient en rien l'idée selon laquelle, dans la forme pluriel Èlohim, appliquée au Dieu d'Israël, se trouvent les vestiges d'un polythéisme passé, ni même la combinaison de plusieurs êtres divins" (Kautzsch). Les grammatologues appellent cela un pluriel de majesté ou de rang, ou d'abstraction ou de magnitude (Gesenius, Grammatik, 27th ed., nn. 124 g, 132 h; Catholic Encyclopedia; Elohim)

1923: "Yahweh, notre Dieu, est seul Yahweh" Bible  catholique Crampon      

Dans la Bible tout ce qui est adoré peut être appelé "Elohim" étant donné que l’adorateur lui attribue une puissance supérieure à la sienne et le vénère, comme ce fut le cas avec les faux-adorateurs de Baal qui considéraient Baal en tant que leur "Elohim" (Juges 6:31 ; Juges 8:33), pourtant selon leur croyance Baal n'était pas une combinaison de plusieurs êtres divins. On peut même faire de son ventre un dieu (Rm 16:18 ; Ph 3:18, 19). La Bible dit qu’il y a beaucoup de dieux (Ps 86:8 ; 1Co 8:5, 6), mais elle montre que les dieux des nations sont des dieux sans valeur. (Ps 96:5)

Si les expressions Èlohim dans ce genre de textes se rapportaient à un Dieu en plusieurs personnes, pourquoi, le judaïsme est-il exclusivement monothéiste? Les défenseurs de la Trinité qui se servent des textes bibliques hébreux pensent-ils mieux comprendre l'hébreu que les Hébreux?

En hébreu, le pluriel s’employait pour désigner plusieurs phénomènes de l’univers, parce qu’ils évoquaient une idée de grandeur, d’excellence et de majesté.
[...]
En divers passages de l’Ancien Testament, le roi de Perse est appelé melakhim, ‘roi’ au pluriel, dans le sens de ‘grand roi’; de même, ‘l’Empire perse’ se dit mamlakhoth, pluriel du mot ‘royaume’, au sens de ‘grand royaume
le Journal américain de littérature et de langue sémites (Tome XXI, juillet 1905), sous la plume d’Aaron Ember

[´Èlohim] est un pluriel d´intensité, ce nom exprime la grandeur et la majesté, qu’il est digne du Grand Dieu.
The American Journal of Semitic Languages and Literatures, vol. XXI, 1905, p. 208

Les chrétiens toutefois étaient des monothéistes aussi rigides que les Juifs
Histoire de la civilisation (angl., tome I, page 137) de Brinton, Christopher et Wolff

En Marc 12:29 on trouve les paroles de Jésus qui cite Deut 6:4; Ces paroles ne sont pas en hébreux mais en grec. Comment ces paroles de Jésus sont elles transposées, quel terme grec est utilisé pour traduire l'hébreu Èlohim? C’est le terme grec au singulier,ho Théos (le Dieu), qu'il utilise. Il savait parfaitement que le terme Èlohim ne se rapportait pas à un Dieu en plusieurs personnes.

Enfin, l’apôtre Paul n’a, lui non plus, signalé aucun changement dans la nature de Dieu, et ce même après la venue de Jésus sur terre.

Il a écrit:.“Dieu n’est qu’un seul.— Galates 3:20;

voir aussi 1 Corinthiens 8:4-6:."pour nous, il y a un seul Dieu, le Père"

“La Parole était Dieu”

LA BIBLE de Jérusalem rend Jean 1:1 de cette manière: “Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu.” Selon les trinitaires, ce passage signifie que “le Verbe” ou “la Parole” (grec ho logos) qui est venu sur la terre en la personne de Jésus Christ était le Dieu Tout-Puissant lui-même.

Une fois de plus, on remarque que c’est le contexte qui permet d’avoir une compréhension exacte des Écritures. La Bible de Jérusalem, elle-même, dit que “le Verbe était avec Dieu”. (C’est nous qui soulignons.) Celui qui est “avec” quelqu’un ne peut pas être ce quelqu’un. En accord avec ce raisonnement, la Revue de littérature biblique (angl.), éditée par le jésuite Joseph Fitzmyer, fait observer que si on interprétait la dernière partie de Jean 1:1 comme signifiant “le” Dieu, cela “contredirait la proposition précédente”, qui dit que le Verbe était avec Dieu.

Voici comment d’autres traductions rendent cette partie du verset:

1808: “et la parole était dieu.The New Testament in an Improved Version.

1864: “et dieu était la parole.The Emphatic Diaglott, traduction interlinéaire de Benjamin Wilson.

1928: “et le Verbe était un être divin.” La Bible du Centenaire, L’Évangile selon Jean, Maurice Goguel.

1935: “et la Parole était divine.” The Bible An American Translation, J. Smith et E. Goodspeed.

1946: et d’espèce divine était la Parole.Das Neue Testament, Ludwig Thimme.

1963:et la Parole était dieu.Les Saintes Écritures Traduction du monde nouveau.

1975: “et dieu (ou d’espèce divine) était la Parole.” Das Evangelium nach Johannes, Siegfried Schulz.

1978: “et d’espèce divine était le Logos.” Das Evangelium nach Johannes, Johannes Schneider.

En Jean 1:1, on trouve deux fois le nom commun grec théos (dieu). Dans le premier cas, il désigne le Dieu Tout-Puissant, avec qui était la Parole (“et la Parole [logos] était avec Dieu [forme de théos]”). Ce premier théos est précédé de ton (le), forme de l’article défini grec qui se rapporte à un être distinct, en l’occurrence le Dieu Tout-Puissant (“et la Parole était avec [le] Dieu”).

D’un autre côté, il n’y a pas d’article devant le deuxième théos. Ainsi, on pourrait traduire littéralement: “et dieu était la Parole.” Cependant, nous avons vu que nombre de versions rendent ce second théos (qui est ici un nom commun attribut) par “un être divin”, “divin” ou “dieu”. Qu’est-ce qui les autorise à le faire?

Le grec koïnê possédait un article défini (“le”, “la”, “les”), mais pas d’article indéfini (“un[e]”, “des”). Quand donc un nom commun attribut n’est pas précédé de l’article défini, il peut, selon le contexte, être indéfini.

D’après la Revue de littérature biblique, ces expressions, “où un attribut sans article précède le verbe, expriment essentiellement l’attribution d’une qualité”. Comme le constate cette publication, cela indique que le logos peut être comparé à un dieu. On lit encore dans cet ouvrage à propos de Jean 1:1: “La  force qualitative de l’attribut est tellement importante que le nom commun [théos] ne peut être considéré comme défini.”

Par conséquent, ce que Jean 1:1 met en lumière, c’est la qualité de la Parole: le fait qu’elle est “divine”, qu’elle est “dieu”, mais non le Dieu Tout-Puissant. Cette conclusion est conforme au reste de la Bible, qui montre que Jésus, appelé ici “la Parole” en raison de son rôle de Porte-parole de Dieu, est un être subordonné et obéissant, qu’il a été envoyé sur la terre par quelqu’un de supérieur à lui, le Dieu Tout-Puissant.

Il existe nombre de versets bibliques où le nom, sans article dans le texte grec, est manifestement attribut; ce que les traducteurs montrent bien, parfois, lorsque le français le demande, en faisant précéder ce nom de l’article indéfini “un” (ou “une”). Ce procédé de traduction permet d’évoquer la caractéristique ou la qualité du sujet. Par exemple, en Marc 6:49, quand les disciples de Jésus le virent marcher sur l’eau, ils “crurent que c’était un fantôme”. (.) Pareillement, Jean 1:1 montre que la Parole n’est pas “Dieu”, mais que, ayant l’attribut de la divinité, elle est “divine”, ou “un être divin”.

Joseph Thayer, théologien et bibliste qui a participé à la traduction de l’American Standard Version, a déclaré sans ambiguïté: “Le logos était divin, non l’Être divin lui-même.” Quant au jésuite John McKenzie, il a écrit dans son Dictionnaire de la Bible (angl.): “Une traduction rigoureuse de Jn 1:1 donne ceci: ‘(...) la parole était un être divin.’

 

La grammaire est respectée

POUR certaines personnes, ces traductions ne tiennent pas compte d’une règle de grammaire du grec koïnê énoncée, en 1933, par l’helléniste E. Colwell. Selon lui, en grec, un nom attribut “porte l’article [défini] lorsqu’il suit le verbe; s’il précède le verbe, il n’est pas accompagné de l’article [défini]”. Cet auteur veut dire par là que lorsqu’un nom commun attribut précède le verbe, il faut le considérer comme s’il était effectivement accompagné de l’article défini (“le”, “la”, “les”). En Jean 1:1, le second nom commun (théos), qui est attribut, précède le verbe: “et [théos] était la Parole.” Par conséquent, d’après Colwell, Jean 1:1 devrait se lire ainsi: “et [le] Dieu était la Parole.”

Considérons l’exemple que l’on trouve en Jean 8:44. Jésus dit ici à propos du Diable: “Ce fut un homicide.” Comme en Jean 1:1, dans le grec, le nom commun attribut (“homicide”) précède le verbe (“fut”). Il n’y a pas d’article indéfini devant ce mot, car l’article indéfini n’existait pas en grec koïnê. Toutefois, la plupart des traductions ajoutent l’article “un”, parce qu’il est requis par la grammaire grecque aussi bien que par le contexte et par la langue française. — Voir Marc 11:32; Jean 4:19; 6:70; 9:17; 10:1.

Colwell a dû reconnaître cette caractéristique du nom commun attribut, car il dit: “Dans cette position, il est indéfini [“un(e)” ou “des”] seulement si le contexte l’exige.” Il a donc admis le fait que, lorsque le contexte l’exige, le traducteur peut introduire un article indéfini devant le nom commun pour montrer qu’il s’agit d’un attribut.

Se trouve-t-on dans le même cas en Jean 1:1? Oui, car le témoignage de la Bible dans son entier prouve que Jésus, bien qu’ayant l’attribut de la divinité, n’est pas le Dieu Tout-Puissant. Par conséquent, ce qui doit guider le traducteur dans de tels cas, c’est, non pas la règle discutable de Colwell, mais le contexte. Nombre de biblistes, qui traduisent le deuxième théos de Jean 1:1 par “(d’essence) divine”, “un être divin”, “divin” ou “dieu”, rejettent la règle artificielle de Colwell— comme le fait la Parole de Dieu elle-même.

 

Pas de contradictions

LE FAIT que Jésus Christ soit “dieu” contredit-il l’enseignement biblique selon lequel il n’existe qu’un seul Dieu? Non, car la Bible utilise parfois ce terme pour désigner des créatures puissantes. On lit en Psaume 8:5: “Tu te mis aussi à le [l’homme] faire de peu inférieur à ceux qui sont semblables à Dieu [hébreu ’èlohim]”, c’est-à-dire les anges. Lorsqu’il a répondu aux Juifs qui l’accusaient de se faire passer pour Dieu, Jésus a dit: [La loi] a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée”, c’est-à-dire des juges humains (Jean 10:34, 35, ; Psaume 82:1-6). Même Satan, en 2 Corinthiens 4:4, est appeléle dieu de ce système de choses”.

La position de Jésus est bien supérieure à celle des anges, des humains imparfaits ou de Satan. Par conséquent, puisque ceux-ci sont appelés “dieux”, c’est-à-dire puissants ou forts, Jésus peut lui aussi être “dieu”. En raison de la position unique qu’il occupe par rapport à Jéhovah Jésus est un “Dieu fort”. — Jean 1:1; Ésaïe 9:6.,

Cependant, la majuscule dans ce titre, “Dieu fort”, n’indique-t-elle pas que Jésus est en quelque manière égal à hovah Dieu? Non, car selon la prophétie d’Ésaïe, ce n’est qu’un des quatre noms par lesquels Jésus devait être appelé, et ces quatre noms portent une majuscule en français. De plus, bien que Jésus soit appelé “fort”, un seul est “Tout-Puissant”. Appeler Jéhovah Dieu “Tout-Puissant” n’aurait pas beaucoup de sens s’il n’existait pas d’autres êtres appelés dieux [puissants], mais occupant une position inférieure.

On peut lire dans le Bulletin de la bibliothèque John Rylands (Angleterre) que, selon le théologien catholique Karl Rahner, alors que théos est utilisé dans des passages tels que Jeapour désigner le Christ, “dans aucun de ces cas ‘théos’ n’est employé de façon à identifier Jésus avec celui qui, ailleurs dans le Nouveau Testament, est appelé ‘ho Théos’, autrement dit le Dieu suprême”. Cette publication ajoute: “Si les rédacteurs du Nouveau Testament jugeaient vraiment indispensable pour les fidèles de confesser Jésus comme ‘Dieu’, comment expliquer que le Nouveau Testament ne parle presque pas de ce genre de confession?

L’apôtre Thomas, quant à lui, n’a-t-il pas dit à Jésus: “Mon Seigneur et mon Dieu! (Jean 20:28)? Pour Thomas, Jésus était comme un “dieu”, surtout dans les circonstances miraculeuses qui l’ont amené à s’exprimer de cette façon. Certains biblistes pensent que, sous le coup de l’émotion, Thomas a tout simplement poussé une exclamation de surprise; qu’il se trouvait devant Jésus mais s’adressait à Dieu. Quoi qu’il en soit, Thomas ne croyait pas que Jésus fût le Dieu Tout-Puissant, car tous les apôtres, lui y compris, savaient que Jésus n’avait jamais prétendu être Dieu; au contraire, il avait enseigné que Jéhovah est “le seul vrai Dieu”. — Jean 17:3.

Là encore, le contexte nous est d’un grand secours. Quelques jours auparavant, Jésus, ressuscité, avait dit à Marie Madeleine d’aller rapporter ces paroles aux disciples: “Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu.” (Jean 20:17). Bien que Jésus ait été ressuscité esprit puissant, Jéhovah était toujours son Dieu. Du reste, même après avoir été glorifié, Jésus, ainsi que le montre le dernier livre de la Bible, continua à parler de Jéhovah comme de son Dieu. — Révélation 1:5, 6; 3:2, 12.

Trois versets seulement après l’exclamation de Thomas,  éclaircit la question en disant: “Ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu” - Jean 20:31, non le Dieu Tout-Puissant. Loin de désigner un des membres mystérieux d’une Trinité, le terme “Fils” doit ici être pris au sens littéral et indiquer un lien naturel.