11/10/2009

Doit-on croire à la TRINITÉ ? Quelle est son origine ?

Trinité

Définition: Doctrine fondamentale des religions de la chrétienté. D’après le symbole d’Athanase, il y aurait trois personnes divines (le Père, le Fils et le Saint-Esprit); chacune d’elles serait éternelle, toute-puissante, aucune ne serait supérieure ni inférieure aux autres, chacune serait Dieu, mais elles ne formeraient toutes ensemble qu’un seul et même Dieu. D’autres parties du dogme soulignent que ces trois “personnes” ne sont pas des individualités distinctes, mais trois modes d’existence de l’essence divine. Voilà pourquoi certains tenants de la Trinité prétendent que Jésus Christ est Dieu, ou que Jésus et le Saint-Esprit sont le Dieu. Cette doctrine n’est pas biblique.

 

D’où vient-elle?

Il y a longtemps que les religions catholiques et protestantes considèrent la doctrine de la trinité comme le dogme central de la chrétienté.

Provient-elle de la Bible? L’“Encyclopédie britannique” explique que “ni le mot ‘Trinité’ ni la doctrine explicite n’apparaissent dans la Bible”. (Éd. de 1971, tome XXII, p. 241.) En ce qui concerne le dogme d’un Dieu en trois Personnes, l’“Encyclopédie catholique” (angl.) fait cet aveu: “Ce n’est pas (...) directement et immédiatement la parole de Dieu.” (Éd. de 1976, tome XIV, p. 304).

Où pareil concept a-t-il pris naissance? Les triades de Dieu étaient courantes dans la mythologie de l’Égypte et de la Babylone antiques ainsi que dans l’hindouisme et le bouddhisme, comme le montre l’antique triade égyptienne présentée ci-contre et composée d’Isis, d’Osiris et de Horus.

À en croire “The New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge”, ce sont les philosophes païens grecs qui ont influencé l’enseignement de la chrétienté. “Les doctrines du Logos et de la Trinité, lit-on, ont reçu leur forme à partir des Pères grecs qui, s’ils n’avaient pas été formés dans les écoles de philosophie platoniciennes, en ont tout au moins subi fortement l’influence directe ou indirecte.” (Tome IX, p. 91).

L’empereur romain Constantin joua également un rôle éminent dans cette affaire. Comme il voyait dans les divisions religieuses une menace à l’unité de son empire, il convoqua un concile d’évêques à Nicée en 325. Après deux mois de débats, l’empereur non baptisé opta pour les partisans de la Trinité. Voici ce qu’on lit dans l’“Encyclopédie britannique” (tome VI, p. 386): “Intimidés par l’empereur, les évêques, à l’exception de deux, signèrent le credo [de Nicée], ce que beaucoup firent contre leur gré.” Les dissidents furent bannis.

Comment la chrétienté est devenue trinitaire

DEPUIS le concile œcuménique Vatican II, il devient de plus en plus évident que l’Église catholique se divise en deux camps. D’un côté, il y a ceux qui ne désirent aucun changement, et de l’autre, ceux qui en attendent davantage avec impatience. Une publication jésuite déclare : “Certains catholiques pensent que les changements sont trop rapides et vont trop loin, et qu’ils iront encore plus loin et se feront encore plus rapidement. Pour d’autres, les changements sont trop limités et trop tardifs, et il n’y a aucun espoir d’en accélérer le rythme.”

Le premier concile œcuménique de l’Église catholique eut lieu à Nicée, en 325 de notre ère ; lui aussi donna le départ à une grande controverse au sein de l’Église. Quel en était l’objet ? La doctrine de la trinité.

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Commentant la situation, un historien moderne écrivit : “Les deux groupes de théologiens avaient une telle influence qu’ils scindèrent pratiquement le christianisme en deux camps qui rivalisèrent dans les domaines théologique et politique pendant deux siècles [et même davantage]. Il y avait le groupe ‘orthodoxe’ conduit par Athanase, archidiacre de l’église d’Alexandrie, et les ariens, nom emprunté à Arius, diacre de la même église (...). Les disciples d’Athanase étaient partisans de la trinité ; les ariens, unitariens.” À l’ouest, dans la partie latine, avec Rome pour capitale, la plupart des gens étaient partisans d’Athanase, tandis que la partie orientale et grecque de l’Empire romain était en majorité favorable à Arius et eut finalement pour capitale Constantinople.

Que croyaient les ariens ? Ils étaient attachés à la “doctrine selon laquelle Christ le Fils est inférieur à Dieu le Père et de substance différente parce qu’il a été créé par Dieu et est venu à l’existence après Dieu”.

Que croyaient les partisans de la trinité ? Selon leur doctrine on définit aujourd’hui la trinité comme la “personnalité triple de l’unique Être divin” dans laquelle ‘Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit’ sont dits être de la même substance, coégaux et tous trois incréés et tout-puissants.

Cependant, on admet généralement que l’enseignement de la trinité s’est développé graduellement. Ainsi, le cardinal Newman écrivit que les credo antérieurs à Constantin ne faisaient pas mention d’une telle trinité. Il dit : “Ils parlent, il est vrai, d’une Trinité ; mais que les trois personnes soient une, coéternelles, égales, tout incréées, toutes puissantes, tout incompréhensibles, cela n’est pas établi, et ne pourrait jamais être conclu d’après ces premiers symboles.” — Développement de la doctrine chrétienne, traduction de L. Boyeldieu d’Auvigny, page 13.

Une autorité moderne et importante de l’Église catholique parle dans le même sens : “Il est difficile, dans cette deuxième moitié du vingtième siècle, de présenter un récit clair, objectif et franc de la révélation, de l’évolution doctrinale et de l’élaboration du mystère de la Trinité. (...) On ne devrait pas parler de l’enseignement de la Trinité dans le Nouveau Testament sans de sérieuses réserves. (...) Pour trouver une croyance sans réserve à la Trinité, il faut quitter la période du christianisme primitif et se placer dans le dernier quart du quatrième siècle.” — New Catholic Encyclopedia (1967), tome XIV, page 295.

Constantin et Nicée

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Constantin affirma s’être converti au prétendu christianisme, sans doute pour des raisons plus politiques que religieuses. La division doctrinale de l’Église l’inquiétait, car il voyait là une menace pour l’unité de son empire. C’est pourquoi, en sa qualité de pontifex maximus, c’est-à-dire chef principal de la religion, il réunit le premier concile œcuménique à Nicée, en l’an 325 de notre ère. Bien qu’il ne fût pas encore baptisé, il présida ce concile auquel assistèrent seulement 318 évêques ; avec leur suite, il dut y avoir entre 1 500 et 2 000 assistants.

Pendant environ deux mois, trinitaires et ariens se querellèrent, les premiers utilisant souvent une tactique extrêmement intolérante. Remarquant que les trinitaires étaient en majorité, Constantin décida en leur faveur. Il “fit cesser l’opposition parmi les évêques et exigea la signature de tous sous peine d’être exilés. Seuls deux évêques de Libye refusèrent ; avec Arius et les prêtres qui lui restèrent fidèles, ils furent exilés en Illyricum”, territoire correspondant à la Yougoslavie occidentale d’aujourd’hui. Les écrits d’Arius furent saisis et brûlés, et on interdit à chacun d’en posséder sous peine de mort.

Cependant, le triomphe d’Athanase et des trinitaires fut de courte durée. Ayant pris le parti des trinitaires pour des raisons certainement politiques, Constantin était tout aussi prêt à changer de camp lorsque la situation politique l’exigerait. C’est ce qui se produisit quelques années plus tard quand Constantin fit de Byzance sa capitale et construisit la ville portant son nom, Constantinople. Dans cette région, les ariens étaient puissants, et les évêques n’avaient signé la déclaration de Nicée que sous l’effet de la peur.

Eusèbe de Nicomédie, évêque de Constantinople, était partisan d’Arius ; il réussit à persuader Constantin de changer de camp. Ce fut au tour des trinitaires d’être bannis. En 335, Constantin exila Athanase à Trèves, en Gaule. Peu après, immédiatement avant sa mort, Constantin fut baptisé par l’évêque arien Eusèbe.

Constantin abandonna l’empire à ses héritiers, plusieurs neveux et ses trois fils, Constantin II, Constance et Constant. Ses fils se débarrassèrent d’abord des autres héritiers, puis se livrèrent bataille. Finalement, ce fut Constance, arien convaincu, qui l’emporta et s’appropria peu à peu la domination de tout l’empire, tant à l’est qu’à l’ouest, après la mort de ses frères partisans de la trinité. Pour favoriser l’arianisme, il ordonna que les évêques trinitaires fussent remplacés par des évêques ariens, ce qui amena un historien païen de l’époque à se moquer en disant que les “routes étaient couvertes d’évêques galopant”.

Les trinitaires l’emportent finalement

Cependant, la domination des ariens cessa avec la mort de Constance, car les partisans de la trinité étaient toujours en majorité. Cela ne doit pas paraître étonnant puisque, Satan étant le “dieu de ce système de choses”, l’erreur est généralement plus populaire que la vérité (II Cor. 4:4). L’échec des ariens était dû également au fait qu’ils étaient eux-mêmes divisés. Ils furent incapables de publier un credo commun pour exprimer leurs croyances et d’avoir un collège central à qui s’adresser. Ils étaient donc divisés ; or, comment ‘une maison divisée contre elle-même peut-elle tenir’ ? — Mat. 12:25.

Cependant, si les trinitaires l’ont emporté sur les ariens, ce fut plus encore parce que les premiers étaient prêts à avoir recours à la force et à la violence pour parvenir à leurs fins. Il a été rapporté que, lorsque Arius s’est levé pour prendre la parole au concile de Nicée, un certain Nicolas de Myra l’a frappé au visage et que, pendant qu’Arius parlait, de nombreux évêques trinitaires se bouchaient les oreilles et poussaient des cris comme s’ils étaient horrifiés par ses hérésies. Comme exemple typique de l’intolérance des trinitaires, on peut également citer l’occupation d’une église de Milan organisée par Ambrose, évêque de cette ville, afin qu’au moins une église de sa ville ne fût pas donnée aux ariens comme l’avait ordonné l’empereur Valentinien. Les ouailles d’Ambrose occupèrent l’église nuit et jour et chantèrent des cantiques pendant deux semaines jusqu’à ce que l’empereur accède à la demande de l’évêque.

Que l’intolérance violente des trinitaires fût une arme efficace contre les ariens, c’est ce que démontrent les déclarations tout à fait opposées faites par deux des chefs germains “barbares” les plus connus. Clovis, roi des Francs, qui devint catholique romain, donc trinitaire, s’attaqua aux Visigoths ariens se trouvant en Gaule, disant : “Il me déplaît que ces ariens occupent une partie de la Gaule. Marchons et, avec l’aide de Dieu, réduisons-les en esclavage.” Il en fut bien ainsi. À propos de la moisson qui résulta de ces graines d’intolérance, nous lisons que ce fut “une histoire pleine de cruauté, d’avarice et de tromperie, avec des rois débauchés et des reines vengeresses pour qui [le pape] Grégoire cherchait des excuses, car ils défendaient l’orthodoxie catholique”.

Théodoric, roi arien des Ostrogoths, était tout à fait différent de Clovis, catholique intolérant. Zénon, empereur romain d’Orient, le chargea de reconquérir l’Italie qui était aux mains d’un roi qui ne reconnaissait pas Zénon comme le maître de l’Empire romain occidental et oriental. Théodoric conquit l’Italie mais, concernant la religion, déclara : “La religion est une chose que le roi ne peut diriger, car on ne peut contraindre aucun homme à croire contre sa volonté.

La vie monastique, c’est-à-dire celle des hommes vivant en célibataires dans les monastères, fut un autre facteur qui favorisa les trinitaires. Athanase fut le premier théologien catholique romain important à encourager la vie monastique. Non seulement les moines constituaient une véritable forteresse en faveur du trinitarisme, mais ils étaient prêts à recourir à la violence dans leur zèle en faveur des croyances trinitaires.

Le fait que les guerriers germains qui envahirent l’Empire romain, que ce soit la partie orientale ou occidentale, étaient ariens joua également en faveur des trinitaires. Comment se fait-il que ces “barbares” étaient ariens ? Ils avaient été convertis par Ulfilas, évêque arien. Ainsi, quiconque adoptait l’arianisme était considéré comme un sympathisant de ces envahisseurs.

C’est certainement l’empereur Théodose qui porta le coup le plus dur aux ariens. Par des décrets officiels promulgués en 391-392, il imposa l’orthodoxie catholique romaine à tous les “chrétiens” et priva les ariens ainsi que tous les païens de leurs maisons de culte. Un historien déclare : “Le triomphe légal de l’Église sur l’hérésie [l’arianisme] et le paganisme, ainsi que sa transformation de secte persécutée en un État persécuteur étaient complets.

Les “barbares” ariens

À partir du cinquième siècle il n’y eut plus d’empereur romain arien. Cependant, cela ne signifiait pas la fin de l’arianisme en tant que religion nationale. Après la mort de Théodose, Rome devint de nouveau la proie des envahisseurs germains ariens qui déferlaient du nord. Une autorité catholique déclare : “Malgré la persécution, le christianisme sous cette forme [arienne] se répandit avec une vigueur remarquable à partir des Goths jusque dans les tribus voisines (...). Quand ils envahirent l’occident et instaurèrent divers royaumes germaniques, la plupart des tribus professaient [l’arianisme] comme religion et persécutaient parfois les Romains qui pratiquaient l’orthodoxie catholique (...). Mais peu à peu l’Église catholique [romaine] réussit à éliminer l’arianisme. Dans certains cas, elle y parvint par des actions militaires qui firent disparaître la population germanique.” Cela eut lieu durant le règne de l’empereur Justinien dont l’ambition était de rétablir l’Empire romain dans sa gloire passée. Il se rendit célèbre par ses persécutions non seulement des ariens, mais aussi des Juifs et des Samaritains. Il interdit même aux Juifs de lire leurs Écritures en hébreu.

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(Justinien représenté sur une mosaïque de l’église San-Vitale à Ravenne)

Mais Justinien ne fit pas disparaître l’arianisme. Rome eut encore affaire aux Germains barbares, car, quelques années après la mort de Justinien, les Lombards, que l’on dit avoir été la plus féroce des tribus germaniques, envahirent l’Italie. Ils ne mirent pas longtemps pour contrôler la plus grande partie de la péninsule italienne. Puis, au milieu du septième siècle, pour une raison inconnue, les Lombards devinrent peu à peu trinitaires, ou catholiques romains. Bien qu’ils aient continué à créer des ennuis à la papauté, ce n’était plus pour des raisons religieuses, mais politiques ou pour des questions de territoire.

À propos de cette période, nous lisons : “Dans la débâcle qui suivit, la fortune passa d’un camp à l’autre plus souvent en raison des changements politiques et du soutien civil que par des arguments théologiques.” Comme le déclare une autre autorité, l’arianisme “se maintint pendant deux siècles encore, plus par accident que par choix ou conviction”. Disons en passant que cette activité politique et militaire des ariens démontre l’erreur de ceux qui accusent les témoins chrétiens de YHVH pacifiques et apostoliques d’être des ariens.

En considérant ce que révèle l’Histoire quant aux activités politiques des trinitaires et des ariens, nous ne pouvons qu’être impressionnés par l’exactitude avec laquelle Jésus et ses apôtres ont annoncé ce qui allait arriver à la congrégation chrétienne. Dans une de ses images, Jésus déclara : “Pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sursema de la mauvaise herbe au milieu du blé.” Le champ qui était à l’origine un champ de blé devint un champ de mauvaises herbes (Mat. 13:25). En considérant la cupidité et la violence de ces hommes, on se rend également compte de la véracité des paroles de l’apôtre Paul qui, annonçant ces événements, déclara : “Je sais qu’après mon départ il entrera parmi vous des loups tyranniques et ils ne traiteront pas le troupeau avec tendresse.” Au nombre de ces loups, on peut ranger aussi bien les trinitaires que les ariens, les premiers étant les plus féroces. — Actes 20:29.

[Note]

Pour se rendre compte que les ariens avaient des arguments bibliques pour soutenir leur point de vue il suffit de lire Jean 14:28 ; Colossiens 1:15-17 ; I Timothée 1:17 ; Apocalypse 3:14.

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